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Revanche

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Auteur : Cat Clarke

Titre : Revanche

Résumé : Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l'homme idéal s'il ne préférait les garçons... À la fin d'une soirée d'ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C'est le lendemain que tout bascule : la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d'un garçon qu'il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d'e-mails agressifs qu'il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n'avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide... À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions : découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu'elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms : ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d'approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables ?

* * *

Voici un livre dont on a entendu parler bien longtemps sur les blogs de lecture. Quand j'ai vu le résumé pour la première fois - sur le blog de Saefiel, je me rappelle bien - j'ai été totalement conquise. Un petit drame jeunesse comme je les aime... Ce genre littéraire me plait beaucoup car il promet de bonnes émotions et surtout, il propose un véritable thème de réflexion. Le résumé de Revanche ainsi que les réactions des blogueurs prévoyaient un véritable coup de coeur. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. J'ai été un peu déçue par ce livre.

Ce qui m'étonne le plus, c'est que ça commençait bien. La relation entre Kai et Jem m'a beaucoup touchée. Tout le monde rêve d'avoir une belle amitié comme celle-ci, d'avoir un ami comme Kai. Le drame m'a beaucoup affectée aussi. Côté émotions, j'ai été gâtée. Puis soudain, la roue tourne. Kai, ce personnage que j'aimais tant, disparait pour laisser place à Jem. Certainement, c'était à prévoir... Le souvenir du meilleur ami s'atténuera progressivement pour que la jeune fille puisse émerger doucement vers la vie. Mais dans le livre, ça s'est fait tellement soudainement et d'une manière si peu délicate que je m'en suis trouvée perdue. Une vraie coupure dans l'intrigue se fait sentir, j'ai commencé à perdre de l'intérêt pour l'histoire à ce moment-là.

La vengeance est le thème essentiel du livre, oui. Mais ce n'était pas une raison de virer Kai. Je guettais son apparition à chaque chapitre, en vain. Son souvenir ressurgit de temps à autre (Spoiler : le temps des lettres mensuelles que devaient ouvrir Jem.) Je crois que sans ça, le personnage aurait totalement disparu. Et encore, les réactions de Jem face à ce souvenir (Spoiler : ses lettres) n'étaient pas très bien travaillées. L'idée aurait pu être mieux exploitée car elle avait du potentiel.

Autre point négatif qui m'a rendu hermétique à l'histoire : Jem. Difficile d'apprécier une intrigue lorsqu'on méprise totalement son personnage principal. Je n'ai pas du tout aimé son caractère et ses méthodes. Elle reçoit un mot anonyme avec des noms et elle pense directement qu'ils ont causé la perte de son ami. Réagir sans vérifier la source de ce message, sans mener son enquête fut d'une bêtise monumentale. Je n'arrive juste pas à croire qu'elle ait fait ça. Les bêtises vont s'accumuler au fil de l'histoire... Et à chaque fois, je repense à ce moment clé où elle s'est montré irréfléchie. Ses raisonnements sont absurdes la plupart du temps. Je l'ai trouvée insupportable et ses attitudes vengeresses très puériles.

Heureusement, plusieurs personnages se distinguent dans l'histoire. Sasha est vraiment agréable. Elle est loin du cliché "populaire mais sans cervelle" ; les autres personnages féminins du livre se rapprochent sensiblement de ça.. Je me suis attachée à elle et réciproquement, j'ai encore moins apprécié Jem.

Venant aux méchants de l'histoire... La vérité se remarque de loin. J'ai eu vent du point final de l'histoire très rapidement, ça ne m'a guère surprise. Je ne dis pas que ce fut une mauvaise idée mais j'aurais apprécié que l'auteure m'étonne un peu, sur ce point-là. La fin m'a quand même épatée. Je ne m'y attendais pas du tout.

En conclusion, malgré que ma lecture ait été fluide et rapide, j'ai tout de même été déçue car j'attendais beaucoup de ce livre. Je pense que je l'aurais apprécié d'avantage si l'héroïne ne m'avait pas été aussi antipathique.

Note : 6.5/10

Une femme fuyant l'annonce

6
Auteur : David Grossman.

Titre : Une femme fuyant l'annonce.

Résumé :
Ora, une femme séparée depuis peu d’Ilan, son mari, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle inéluctable que lui dicte son instinct maternel : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de 28 jours dans une ville palestinienne, nouvelle que lui apporteraient l’officier et les soldats affectés à cette terrible tâche.

Mais s’il faut une personne pour délivrer un message, il en faut une pour le recevoir, pense Ora. Tant que les messagers de la mort ne la trouvent pas, son fils sera sauf. Aussi décide-telle, sans aucune logique, pour conjurer le sort, de s’absenter durant ces 28 jours en se coupant de tout moyen de communication qui pourrait lui apporter la terrible nouvelle. Ayant prévu une randonnée à travers le pays avec Ofer, elle part malgré tout.

Au passage, elle arrache à sa torpeur Avram, son amour de jeunesse (le père d’Ofer ?) et l’emmène avec elle sur les routes de Galilée pour lui raconter leur fils. Elle espère maintenir en vie son enfant par la trame de mots qui dessinent sa vie depuis son premier souffle, et lui éviter ainsi le dernier. Le périple ici est l’occasion d’évoquer le passé : à mesure qu'Ora et Avram arpentent le pays à la beauté étonnante, se reconstitue le fil de la mémoire et des secrets qui enserrent les personnages.

Ora, Ilan et Avram s’étaient liés, adolescents, pendant la guerre des Six Jours, dans un hôpital où ils étaient tous trois à l'isolement, alors que les combats faisaient rage à l’extérieur. C’est là que se sont noués les destins de chacun. Le stratagème de la mère réussira-t-il à préserver la vie du fils ? Quoi qu’il lui arrive, le récit le fait renaître avec une vigueur nouvelle.

 * * *

Je tiens d'abord à remercier le site Livraddict et les éditions Points pour ce partenariat. 

Je suis restée plongée dans Une femme fuyant l'annonce pendant presque un mois. Il faut dire que le livre est quand même assez épais (près de 800 pages) et que le sujet abordé n'a rien de bien léger. C'est la première fois que je mets autant de temps pour finir un bouquin. En général, lorsque ma période de lectures s'étend, j'ai tendance à être gagnée par la lassitude. Avec Une femme fuyant l'annonce, il y a eu des hauts et des bas, mais surtout des hauts, bien heureusement.

Ora se faisait une joie de préparer le voyage qu'elle allait entreprendre avec son fils, Ofer, dès la fin de son service militaire. Mais celui-ci l'étonne en refusant sa liberté et en s'engageant pour une opération au front qui durera un mois. Ora se sent trahie par son fils et est ravagée par la peur de le perdre. Elle décide de voyager, s'éloigner de sa vie habituelle, pour se remettre en question. Durant son parcours, elle coupera tout moyen de communication, refusant d'être informée si jamais un malheur arrivait à son fils. Accompagnée d'Avram, son amour de jeunesse avec qui elle a une relation des plus ambigües, Ora se recompose et fuit tout simplement l'annonce...

L'histoire d'Ora est une page blanche, au tout début du récit. L'auteur livre peu de détails sur l'existence de cette mère israélienne, récemment divorcée. Au cours de la narration, le livre de la vie d'Ora se remplit peu à peu, nous livrant des passages sur sa jeunesse, son quotidien de femme puis de mère, sa relation avec ses proches... Subtilement, Grossman nous rapproche de cette femme qu'il a façonnée d'une manière très "humaine". Ora est physique et respire la réalité. Elle aussi a des doutes et a du faire tout au long de son existence des choix dont certains l'ont déçue et qu'elle regrette. Ses défauts sont nombreux, ses qualités non moindre. Elle a fait des erreurs ; elle a jugé des personnes et a été jugée. Elle a ses petites manies, ses petits rituels pour se convaincre que "tout va bien". Elle ressemble à chacun de nous. Elle aurait pu être n'importe qui de notre entourage. Il n'est donc guère difficile de s'attacher à elle. De l'adopter.

Parce que, oui, j'ai adopté Ora. Si je l'ai suivie au tout début avec incompréhension, voyant mal le fait qu'elle ait abandonnée la cause de son fils, j'ai fini par me mettre à sa place. Elle a une grande force morale puisqu'elle refuse tout simplement de rester inactive alors que son fils se met en danger. Sincèrement, Grossman m'a fait sentir mère à mon tour, au fil de son récit. 

Si l'histoire est essentiellement centré sur Ora, ce personnage prend plus d'une fois la place du narrateur pour nous livrer son histoire et celle des siens. Au cours de son voyage avec Avram, la femme partage avec son compagnon des bribes de sa vie, celle de son ex-mari, de ses enfants. En quelque sorte, les places que tiennent les personnages sont équitablement réparties, par ce procédé. Même s'ils sont absents, les autres protagonistes font partie du voyage grâce aux récits de notre héroïne.

La narration est très bien maîtrisée. L'auteur joue avec les récits enchâssés et traverse le temps en un claquement de doigts. Plusieurs passages de différentes époques de la vie d'Ora, d'Avram, d'Ofer... nous sont livrés tout au long de l'histoire. La toile, initialement blanche, se couvre progressivement des scènes que partage Ora avec nous. En sillonnant les années, nous en apprenons plus sur les protagonistes et évaluons l'impact des évènements sur leurs caractères, leurs rythmes de vie.

Le plus grand atout de l'auteur est certainement sa capacité de se mettre dans la peau de ses personnages. Les émotions sont minutieusement décrites, autant en ce qui concerne Ora que pour les autres personnages. En général, l'écriture de David Grossman est à louer. Le style de l'auteur permet une lecture fluide, ce qui compense le nombre conséquent de pages. J'ai été fort impressionnée par sa capacité à rendre les dialogues aussi vivants. Certains passages m'ont vraiment enchantée et durant certaines périodes, il m'était difficile de reposer le livre. 

L'essentiel de l'action se passe au passé. Le présent est plutôt monotone.. J'ai trouvé ce procédé particulier et je l'ai beaucoup apprécié. C'est comme le présent était un châssis pour aborder le passé. De plus, l'auteur dispose vraiment d'une très grande imagination. Les récits sont tous plus originaux les uns que les autres. Réellement, Grossman a trouvé un moyen astucieux de présenter son histoire.

Néanmoins, j'ai quand même trouvé certains passages assez durs. Le service militaire d'Avram, un passage vers la fin du livre, a vraiment eu raison de moi. J'ai scrupuleusement sauté une dizaine de pages, n'étant pas amène à m'y plonger. Ca n'a pas gêné ma lecture, fort heureusement.

A part ce petit désagrément, je ne vois que du positif dans ce livre. Même si le genre contemporain est loin d'être mon favoris, je dois avouer que j'ai passé un très bon moment de lecture. La cause palestinienne est proche à mon coeur, avoir un point de vue israélien fut très intéressant. Cette lecture m'a démontré toute l'absurdité de ce conflit où les deux parties souffrent et qui n'est toujours pas prêt à se terminer.. 

A noter : Le livre a reçu le prix Médicis étranger 2011 ainsi que le prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points 2013.

Note : 8/10

http://www.lecerclepoints.com/
 Citation :
[...]Ça signifie quoi une vie sans but ?
Que... Rien ne te blesse vraiment, rien ne te rend réellement heureux. Tu vis parce que tu vis. Parce que tu n'es pas mort.

Parce que je t'aime

11
Auteur : Guillaume Musso.

Titre : Parce que je t'aime.

Résumé :
Layla, petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l'endroit exact où l'on avait perdu sa trace. Elle est vivante mais reste plongée dans un étrange mutisme. A la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations : où était Layla pendant cette période ? Avec qui ? Et surtout : pourquoi est-elle revenue ? Une histoire d'amour envoûtante, un livre profondément humain qui vous plonge dans le mystère et le suspense, un dénouement que vous n'oublierez pas.
 
* * *

Décidément, j'aime vraiment lorsque dans les livres de Musso, le côté fantastique ne fait pas partie intègre de l'histoire. Je n'ai rien contre le genre, au contraire c'est un de mes favoris. Mais mélanger une histoire assez... réaliste avec du fantastique n'est pas du tout à mon goût. Dans La fille de papier et Sauve-moi, j'avais l'impression que le côté fantastique était peu creusé, limite bâclé. Comme si l'auteur s'en servait pour remuer un peu les choses dans une intrigue faible. C'est la raison principale pour laquelle je n'accroche que moyennement à l'auteur dont j'avais une vision peu méliorative jusqu'au jour où j'ai découvert L'appel de l'Ange. Après cette lecture, j'étais obligée de changer de point de vue. Une intrigue bien menée, des bases solides et un beau style... Rien de tel pour une lecture foudroyante ! A ce souvenir, je me suis permise de retenter de nouveau l'expérience avec un titre dont je n'attendais pas beaucoup mais qui m'a plu en fin de compte !

L'histoire en elle-même est particulièrement spéciale. Une petite fille qui disparait, un couple qui se dissout, une vie parfaite sur tous les bords qu'on oublie pour échapper aux limbes des souvenirs, ... J'ai trouvé la thématique captivante et plutôt bien maîtrisée par l'auteur. Les péripéties sont intéressantes et interviennent de manière à laisser le récit en action.

En tout cas, une chose est sûre, ce livre est addictif. Je ne sentais pas les pages tourner. Le style de Musso joue beaucoup sur ce point. C'est un style qui ne manque pas de charme, accessible à tout le monde et qui ne freine pas la lecture. La narration est très réussie, à mon avis. L'auteur sait quand il faut user d'un tel ou tel point de vue de personnages. Il maîtrise à la perfection les flash-backs et arrive à les faire glisser dans le récit sans que le lecteur ressente une impression de lourdeur. Le récit court d'une manière fluide. J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce livre et ma lassitude habituelle quand je lis un livre longtemps ne s'est pas manifestée.

Les personnages principaux sont si différents. On se demande durant la lecture quel lien les relie, tous. Peu à peu les révélations se font, jetant le lecteur dans une vérité poignante, choquante. J'ai été agréablement surprise. Je pense que Musso ferait un bon auteur de thriller... 

La fin par contre ne m'a pas du tout convaincue. J'aurais aimé que le livre s'arrête sur les "révélations". La chute a l'air irréelle, presque ironique... Je ne l'ai pas du tout appréciée. Trop de "bonheur", ça ne le rend jamais bien, à mon avis. Mais à part la fin, je peux dire que je suis très satisfaite. C'est un livre qui mérite qu'on s'y attarde. :)

Note : 8/10
Livre 19/26 

Extrait :
Pardonner ne veut pas dire oublier, expliqua-t-il posément, ni excuser ni absoudre. A l'inverse de la vengeance qui alimente la haine, le pardon nous délivre d'elle.

Hate List

6
Auteur : Jennifer Brown.

Titre : Hate List.

Résumé : "C'est moi qui ai eu l'idée de la liste. Je n'ai jamais voulu que quelqu'un meure. Est-ce qu'un jour on me pardonneras ?"

C'est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami, Nick, a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste. Cette fameuse liste qu'ils ont écrite pour s'amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants dans l'établissement. Maintenant, ils sont blessés ou morts. Et Nick s'est suicidé, emportant son secret pour toujours. Mais Valérie elle, est toujours là, enfermée dans une bulle de questions sans réponses? Jusqu'au matin, où elle se lève et quitte sa chambre pour retourner au lycée...

* * *

L'histoire présente un drame qu'on peut très bien rencontrer dans la vie réelle. Un étudiant qui a attenté à la vie de ses camarades avant de se donner la mort. Les victimes sont nombreuses et les séquelles non pas moins.L'histoire est narrée du point de vue de la petite amie de Nick, Valérie. C'est un choix fort intéressant de la part de l'auteur car elle aurait pu choisir une victime directe qui a réussi à échapper de la mort. On suit donc le parcours de Valérie alors qu'elle essaye petit à petit de se reconstruire. Sachant qu'elle était à l'idée de la liste, il est difficile pour elle de tourner la page, puisqu'elle sait qu'on la pointe du doigt et qu'elle a sa responsabilité dans le drame.

Hate List, c'est l'histoire d'une longue convalescence. C'est un lycée qui essaye de renaître de ses cendres, de retrouver sa vie normale et qui parfois clame que tout va bien pour unir les rangs... C'est des victimes, des parents de victimes qui  tentent de se retrouver mais c'est aussi l'histoire du pardon. 

Tout au long du livre, Valérie se bat contre sa culpabilité et le regard des autres. Ses amis ne sont plus que des étrangers à ses yeux alors que des personnes inattendues recherchent sa compagnie. Après le drame, Valérie s'est renfermée sur elle-même. Elle fuit le monde malgré sa détresse. La solitude de Valérie est vraiment émouvante car elle ne trouve appui chez personne, à part son psychiatre. Même ses parents semblent à côté de la plaque et ne savent plus comment réagir avec elle. Ils ont perdu confiance en elle et jamais un jour ne passe sans que le jugement paraisse dans leurs yeux. Si sa mère offre parfois un soutient maladroit, le père est le culpabilisant en chef. C'est un vrai salaud dont l'égoïsme est inatteignable. Sa réaction envers sa fille est vraiment étonnante, difficile de penser qu'il est son géniteur et celui qui l'a élevée pour de nombreuses années. Je ne le cache pas, je l'ai profondément haï.

L'histoire est très réaliste. L'auteur n'a pas fait l'erreur de tomber dans le surplus. La plume de Jennifer Brown véhicule beaucoup d'émotions mais reste objective. Pas un moment dans le livre, elle ne juge Valérie ou Nick. Coupables ou innocents, c'est au lecture de le déterminer. 

Il y a certaines scènes de Valérie et de Nick avant l'incident... Des scènes qui visent à montrer que Nick n'était pas le monstre qu'on le croit. Qu'il était gentil, attentionné et qu'il avait de l'humour. J'ai beaucoup apprécié ces scènes mais je ne les ai pas trouvées nombreuses. C'est dommage car le personnage de Nick reste tout de même assez flou.

La fin fut très réussie. Une excellente manière de fermer de livre. Elle a su me toucher. En final, c'est un livre bouleversant qui mérite d'être lu !

Note 8/10
Extrait :
Oui, j’avais transformé Maman. J’avais transformé son rôle en tant que parent. Son objectif dans la vie n’était plus aussi évident et défini que le jour où j’étais née. Son rôle n’était plus de me protéger contre le reste du monde. C’était de protéger le reste du monde contre moi.
C’était trop injuste.

Crime et châtiment, tome 1

2
Auteur : Fedor Dostoïevski.

Titre : Crime et châtiment, tome 1.

Résumé :
A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d'argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu'il va faire bientôt - de manière crapuleuse. Publié en huit livraisons par Le Messager russe au cours de l'année 1866, le roman de Dostoïevski montre en Raskolnikov un témoin de la misère, de l'alcoolisme et de la prostitution que l'auteur décrit sans voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l'est devenu, tant les raisons qu'il s'invente pour agir sont contradictoires. Mais la tragédie n'exclut pas la vision d'une vie lumineuse, et le châtiment de son crime va lui permettre un long cheminement vers la vérité, et la renonciation à sa mélancolie brutale. Après quoi sera possible ce que l'épilogue annonce : l'initiation de Raskolnikov à une réalité nouvelle, le passage d'un monde à un autre monde.
* * *

Après avoir goûté à la littérature russe grâce à Anna Karénine de Tolstoï, j'ai décidé de remettre ça avec un livre du très célèbre Dostoïevski et cela, dans le cadre du challenge A la découverte des Russes. :)

Dans Anna Karénine, on était en face à une société huppée, à la recherche des plaisirs et du luxe. On s'éloigne de ce thème, dans Crime et châtiment, en plongeant dans la misère. Un peuple confiné dans des chambres ressemblant plus à des tombeaux, un peuple qui n'a plus qu'un but : survivre. Rodia caractérise au mieux cette société. Ancien étudiant, ayant quitté l'université, il est poussé jour après jour par sa logeuse à payer son dû ou à quitter sa chambre. Mais où trouver l'argent ? Sa seule ressource est sa mère, encore plus pauvre que lui, qui lui a déjà plus d'une fois sauvé la mise. Il ne lui reste qu'une seule issue : mettre sa montre - seul souvenir de son père - et une bague sans grande valeur en gage. Cela ne lui rapporte guère beaucoup. C'est là que l'idée de commettre un crime lui vient à l'esprit.

Rodia est un personnage très intéressant à suivre. Il est taciturne, fier, brillant d'intelligence et surtout tourmenté. Après avoir commis son assassinat, le doute torture son esprit et va poussivement le mener vers la folie. Son délire est rudement bien décrit ! Pénétrer ses pensées est une expérience captivante.

En général, les dialogues respirent la réalité. On n'a aucun mal à se représenter les personnages. Le récit promet beaucoup de discussions intéressantes, en particulier à propos du crime. Malgré tout, j'avoue que je me suis laissée devancer de temps à autre... La narration est effrénée, par moments. On se perd, on se demande où les personnages sont exactement... J'ai eu la même remarque à propos du livre Netotchka Nézvanova du même auteur.

Il y a beaucoup de personnages et comme cela est fréquent en Russie, chacun a non seulement un nom et un prénom mais aussi un patronyme et parfois même un surnom. Ce qui en fait une bonne vingtaine à retenir. Heureusement que mon édition proposait un résumé de personnages au tout début. J'aurais été en mauvaise affaire, dans le cas contraire.

Mon seul regret : ne pas posséder le deuxième tome. :( La fin de ce premier opus me laisse un fort suspense, j'ai vraiment envie de savoir ce qui va se passer !

Note : 8/10
Citations :
Des éventails de rides entouraient depuis longtemps ces yeux, ses joues se creusaient, desséchées par les soucis et les douleurs, mais son visage n'en était pas moins d'une grande beauté.

Il y a des gens, de parfaits inconnus, qui appellent l'intérêt au premier coup d'oeil, ainsi, soudainement, sans qu'aucune parole ne soit encore échangée. 

Dolores Claiborne

1
Auteur : Stephen King.

Titre : Dolores Claiborne.

Résumé : Terrifiantes, bouleversantes, sans remords, les confessions d'une vieille dame très indigne.
À Little Tall, on attend toujours de savoir ce qui s'est passé le 20 juillet 1963, jour de l'éclipse et de la mort de Joe, le mari de Dolores. Mais aujourd'hui, la police s'intéresse surtout aux circonstances du décès de Vera Donovan, dont Dolores fut la dame de compagnie pendant des décennies...

* * *

Ce livre est très différent de ce que ceux de King que j'ai eu l'occasion de lire. Il n'y aucune touche de fantastique dans ce bouquin... Juste des scènes de la vie quotidienne. Un drame, une touche de polar... mais pas la moindre parcelle d'horreur. Je l'ai tout simplement dévoré. Il faut juste prendre la peine de se mettre dans le contexte, comprendre un peu de quoi il s'agit... et les pages commencent à tourner toute seule.

Le procédé de narration sort vraiment de l'ordinaire ! Il s'agit d'un... monologue. Ce qui fait qu'on est entièrement centré sur le personnage principal. Trois personnages sont le public de Dolores. On sent leur présence physique parce que Dolores interrompt son récit de temps à autre pour interagir avec eux mais sans que l'auteur n'introduise leurs paroles. On devine seulement ce qu'ils avaient pu dire. En gros, c'est comme si le lecteur lui-même faisait partie de la cour de Dolores et qu'il était pendu à ses lèvres, au même titre que le trio.

 Dolores Claiborne est un personnage très bien construit. Son récit est narré avec un langage assez cru et peu mesuré. On sent que l'on est devant une femme qui a une vie mouvementée et qui en a bavé. Son histoire confirme nos doutes. Après avoir été soupçonné de l'assassinat de son mari violent, on vient lui coller la mort de sa patronne au dos. Face aux policiers, elle se livre afin de se défaire du poids qui pèse sur ses épaules. Et malgré son côté revêche et son franc-parlé, on s'attache beaucoup à elle. Difficile de ne pas éprouver de la tendresse à son égard. Puis, il y a Vera. Elle a été subtilement décrire, le long du récit, comme une garce prétentieuse (voir citation). Tour à tour, on la déteste, on la plaint. Au même titre que Dolores, c'est un personnage très réaliste. C'est celui qui m'a le plus marqué après l'héroïne du livre.

En s'aventurant dans ce thème assez différent de ceux qu'il aborde d'habitude, King confirme de nouveau son talent. a narration est faite à la première personne, l'auteur arrive sans peine à nous faire passer tant d'émotions. Stephen King arrive merveilleusement bien à se glisser dans la peau de son personnage... à notre plus grand plaisir. :)

Note : 8.5/10

Citation :
Parfois, elle [Vera] a dit, il faut être une garce prétentieuse pour survivre. Parfois, il reste plus à une femme que son côté garce. 

 Livre 9/26
Livre 3/7

Une place à prendre

9
Auteur : J. K. Rowling.

Titre : Une place à prendre.

Résumé : Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

* * *

Si J.K. Rowling a présenté dans sa saga Harry Potter toutes les valeurs nobles (l'amitié, la loyauté...), dans Une place à prendre, c'est tout à fait différent. L'auteur met le point sur les tares d'une petite communauté. La drogue, la prostitution, l'hypocrisie... Tous ces thèmes y passent, faisant de ce livre une véritable satire de la société.

Les personnages sont nombreux, certes, mais on s'habitue à eux rapidement. Une petite fiche pourrait être nécessaire au début pour ne pas s'embrouiller car beaucoup de liens sont décrits. Chacun a sa petite histoire, ses problèmes. Malgré le fait que le livre vise en particulier les adultes, beaucoup de personnages sont des adolescents. L'auteure, aurait-elle eu du mal à se détacher du monde jeune ? C'est à mon plus grand plaisir, en tout cas.  Rowling démontre de nouveau son génie pour la création et l'évolution de ses personnages. J'ai adoré leur diversité et surtout, suivre les parcours de chacun d'eux. 

Bien sûr, les lieux aussi sont divers. Tous ces détails rendent le livre encore plus réel. On a l'impression d'être devant une vraie communauté et qu'il ne s'agit pas d'une simple fiction.

Comme vous l'aurez deviné, l'intrigue principale de ce livre est justement... une place à prendre. Barry Fairbrother est mort. Plusieurs habitants vont se battre pour récupérer ce siège vacant. Un jeu sans règle va être mis en place. Finie l'hypocrisie. Pagford n'est plus une gentille bougarde où le monde s'entend. Les mensonges soigneusement dissimulés vont être dévoilés, la haine fusera et les conflits se multiplieront.

Rowling a un langage très cru par moments. Des propos très vulgaires sortent parfois de la bouche de ses personnages. L'auteure ne ménage pas son lecteur, ni même ses personnages. Cela contribue à rendre son histoire encore plus réelle.

Le talent de J.K. Rowling n'est plus à prouver. Son style d'écriture C'est une de mes auteures favorites et je suis particulièrement ravie de voir que son don ne se limite pas au fantastique mais peut couvrir bien d'autres genres. Ce livre a été une excellente lecture. Il me tarde déjà de connaître les futurs projets de Rowling.

Note : 8.5/10
Extrait :
La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d'avoir honte de ce qu'ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu’un d'autre. L'honnêteté était la devise de Fats, son arme de choix et son principal moyen de défense. L'honnêteté faisait peur aux gens ; elle les choquait. Les autres, avait-il observé, étaient perpétuellement englués dans le malaise et le faux-semblant, terrorisés à l'idée qu'on découvre leur vrai visage, alors que lui, Fats, était attiré par la réalité brute, par tout ce qui était laid mais authentique, par toutes les vérités abjectes qui ne suscitaient chez les gens comme son père que dégoût et humiliation.
Livre : 8/26

La Dame aux Camélias

7
Auteur : Alexandre Dumas (fils)

Titre : La Dame aux Camélias.

Résumé : Ce roman, dont Alexandre Dumas fils tira aussi un drame, est inspiré de l'existence authentique de Marie Duplessis. Merveilleusement belle et intelligente, cette courtisane fut adorée du Tout-Paris et de l'auteur lui-même. Il dut renoncer à elle, car il n'était pas assez riche. Verdi fit de ce drame un opéra sublime, La Traviata.
Armand et Marguerite vivent un amour immense qui survit à tous les obstacles et à toutes les tromperies. Le père d'Armand interdit cet amour inconvenant. Mais rien n'aura empêché le bonheur d'aimer, la virginité retrouvée, l'argent et les conventions dédaignés. L'amour véritable, c'était pour Marguerite l'espoir, le rêve et le pardon de sa vie. Tout lui fut donné, mais à quel prix !

 * * *

Ce mois-ci, j'ai lu tellement de classiques que je vais en faire une overdose. xD Heureusement que j'en ai apprécié la plupart... En tout cas, la Dame aux Camélias m'a absolument enchantée.

L'écriture de Dumas fils est si belle. N'ayant pas lu de livres de Dumas père, je ne pourrai donc pas comparer leurs deux plumes. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il y a champ de comparaison puisque les deux auteurs écrivent dans des genres complètement différents.

L'histoire est une romance. Peu heureuse certainement puisque l'on connait déjà le dénouement avant de commencer à lire. La mort de Marguerite Gautier est présentée au tout début du livre mais malgré tout ça ne dérange nullement la lecture. Dumas a été fort audacieux de présenter le dénouement avant de remonter doucement vers les faits. Je trouve ce procédé original et captivant.

Beaucoup de sentiments sont communiqués par Dumas, je lui ai trouvé du talent à décrire les émotions de ses personnages. L'écriture en elle-même est fluide et se distingue par sa délicatesse. Les actions s'enchaînent aussi facilement, naturellement... Ce sont des avantages qui rendent la lecture facile et rapide.

Les actions n'ont rien d'inattendues, certes, mais cela ne m'a pas en rien empêché de savourer cette lecture. J'ai vécu cette histoire, suivant les pas d'Armant, de Marguerite et de tous ces personnages secondaires qui les entourent.

La partie qui m'a le plus touchée est sans doute le journal de Marguerite délivré après sa mort où elle narre les derniers jours de sa vie. C'est un passage fort marquant où il me fut difficile de dire adieu à ce personnage qui paraissait si réel.

La Dame aux Camélias est un très beau classique qu'il faut avoir tenté au moins une fois.

Petit plus : Lire Manon Lescaut, livre cité plusieurs fois dans ce petit chef-d'oeuvre. :)

Note : 8.5/10
Extrait :
Je ne tire pas de ce récit la conclusion que toutes les filles comme Marguerite sont capables de faire ce qu'elle a fait ; loin de là, mais j'ai eu connaissance qu'une d'elles avait éprouvé dans sa vie un amour sérieux, qu'elle en avait souffert et qu'elle en était morte. J'ai raconté au lecteur ce que j'avais appris. C'était un devoir.

Happy Birthday Sara

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Auteur : Yann Queffélec.

Titre : Happy Birthday Sara

Résumé : Alors que sa famille et son petit-ami l’attendent pour fêter ses dix-huit ans, Sara s’est embarquée comme serveuse sur l’Estonia, un ferry-boat assurant la traversé de Tallin à Stockholm. Son but : savoir pourquoi, un an plus tôt, son père a été renvoyé de la marine pour avoir fait faire demi-tour à ce même navire, en pleine traversée. Une décision sur laquelle il ne s’est jamais expliqué.

Au plus fort de la tempête, entre les lumières des salons-bars et les obscures entrailles du navire, elle va découvrir les menaces et les chantages qui s’exercent sur le commandement au point de mettre le bâtiment en péril. Jusqu’au moment où l’Estonia, l’étrave brisée, s’enfoncera sous les vagues…
Le romancier de « Disparue dans la nuit » et de « La Force d’aimer » nous entraîne dans un thriller maritime haletant, mené à un tain d’enfer. Il se sert de la fiction pour nous proposer, sur le naufrage bien réel de l’Estonia en 1994, une explication d’une inquiétante ressemblance.


* * *

Un résumé plutôt intéressant, un auteur français, ma lettre Q pour le challenge ABC, il fallait absolument que je tente ce bouquin. Le début m'a paru très passionnant mais peu à peu, les choses ont commencé à se corser.

L'auteur a choisi d'user un style "jeune" pour s'adapter à celui de son héroïne qui est au pas de ses dix-huit ans. Ce qui aurait pu être un point fort ne m'a pas paru très subtil, personnellement. Je n'ai pas apprécié cette manière de narration que j'ai trouvé légèrement... fouillis  J'associe le fait que je n'ai pas été transportée par l'histoire essentiellement à ça. Car l'intrigue en elle-même ne manque pas d'intérêt. En fait, le résumé dévoile toutes les péripéties, il n'y a rien de plus à ajouter.

En final, je ne peux que dire que j'ai été déçue par ce livre et c'est dommage car cela s'annonçait plutôt bien, au début.

Note : 5/10
Livre : 6/26

[V]ivre

5
Auteur : Sophie Laroche

Titre : [V]ivre

Résumé : Depuis cette fameuse soirée chez John, Félix en parle sans arrêt à Nathan, son meilleur ami. Il ne cesse d’évoquer cette fête où ils ont bu plus que de raison. Normal, ils sont en âge de s’amuser ! Et bien sûr qu'ils étaient en état de conduire pour rentrer !
 Il parle de l’accident, et des jours qui ont suivi : leur copain Zach, toujours dans le coma, Noah, si différent depuis. Il raconte le regard des autres, la difficulté de revenir à une vie normale, après « ça ».
Mais Nathan ne répond pas.
Nathan est mort.
Mort dans ce virage…
Une fraction de seconde où quatre vies ont basculé à jamais. À cause de l’alcool au volant. Pour quelques verres en trop, Félix a mis le V du verbe Vivre entre parenthèses. Ivre, il a cessé de Vivre. Il va pourtant bien falloir continuer. Survivre à l’absence de l’un, espérer la guérison de l’autre. Se supporter les uns les autres. Se supporter soi-même. Si c’est encore possible…

* * *

Les accidents de route... Un thème que je ne pouvais pas rater. D'ailleurs, j'ai ma petite période "drame jeunesse", ces derniers mois. C'est un genre que je trouve vraiment intéressant même si les histoires ont tendance à être un peu trop dramatiques à mon goût. Les personnages sont peu convaincants, côté émotions. Ne parlons pas des dialogues que je trouve peu réels... On dirait qu'ils jouent des pièces de théâtres et qu'ils ne sont pas particulièrement doués. Je précise que je ne pointe pas ce bouquin du doigt, je parle en général.

Pour revenir à [V]ivre, il faut dire que le titre est vraiment bien trouvé. D'ailleurs, l'extrait que je propose ci-dessous est en rapport avec ce jeu de lettres. Il s'agit d'un livre québécois. Il y a beaucoup de termes tel que "cruiser, blonde, chum, ..."  Il s'agit de la narration de la vie de 3 adolescents après un accident de voiture qu'ils avaient fait alors qu'ils étaient ivres. Les 3 jeunes garçons ont bien des misères mais sont bien vivants alors que Nathan est mort dans l'accident.

Félix, le narrateur, s'adresse à Nathan en usant du deuxième pronom personnel. J'ai apprécié ce moyen de narration car il permet de véhiculer des émotions au lecteur. On a l'impression qu'il s'agit d'une longue lettre adressée à Nathan dans son cercueil. Félix raconte tout et rien... Ses premiers jours au lycée après l'incident, sa peur pour Zack, ses nouveaux sentiments à l'égard de la copine de Nathan. Et bien sûr le sombre secret autour de cet accident de voiture. 

Si l'histoire ne m'a pas marquée plus que ça, le dénouement m'a quand même assez touchée. En final, je dirai que c'est un livre plutôt sympa et qui se lit bien.
Note : 7/10

Extrait :
Vivre et ivre. Il n'y a qu'une lettre de différence entre les deux. J'ai mis le "V" entre parenthèses et j'ai bousillé ma vie.

Treize raisons

15
Auteur : Jay Asher

Titre : Treize raisons

Résumé : Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu'elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D'abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l'oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer...

***

J'étais très enthousiaste à l'idée de commencer ce livre. Le sujet qu'il aborde est délicat mais implémenté dans une intrigue qui paraissait bien ficelée. Le genre de bouquins qu'on prend pour le lire d'une traite mais qui nous pousse à réfléchir longtemps. Je n'ai jamais été fan des livres réalistes qui touche une corde sensible. Le peu de livres qui entrent dans cette catégorie et que j'ai lus, m'ont indéniablement déçue (Je pense surtout à Je veux vivre et à L'herbe bleue). Je n'en attendais pas beaucoup de ce livre mais j'ai été surprise. Très agréablement. 

Je ne pensais pas être touchée autant. Je ne vous cacherai que lors de mon premier contact avec le livre, j'ai été toute remuée. Je m'identifiai totalement au personnage de Clay. Je me sentais si mal ; comme si j'avais aussi contribué au suicide d'Hannah et guettai avec crainte le moment où l'on dévoilera les agissements de chacun. Alors que les révélations s'accumulent, il m'a été difficile de refermer le livre. Seul le sommeil a eu raison de moi !

A travers le récit d'Hannah, nous côtoyons tous ces personnages qui appartenaient à son entourage. J'aurais aimé les découvrir aussi hors du récit d'Hannah mais nous n'avons pas cette occasion. Outre ce détail, j'avoue que la narration adoptée par l'auteure m'a un peu dérangée. D'une part, nous avons les actions et pensées de Clay mais d'autre part, en parallèle le récit d'Hannah vu que le personnage principal écoute les sept cassettes sur son Walkman. Les deux points de vue se mélangeaient, s'entrecoupaient et Clay ne cessait de commenter les passages. Couper court au récit de la cassette pour dire que Clay marchait rapidement, par exemple, était assez agaçant. Ca un peu pertubé ma lecture car il fallait suivre les deux en même temps, chose qui est assez fatigante.

Plusieurs lecteurs ont reproché à l'auteure la futilité des raisons fournies par Hannah. Je ne suis pas du tout d'accord ; je trouve même que c'est ce qui fait le charme du livre. Ce bouquin nous enseigne que tout détail compte, peu importe sa légèreté. Je tâcherai de ne pas l'oublier.

Note : 8/10

Citation : (Première cassette ; face A. Les répliques en italique sont les pensées de Clay)


"Salut tout le monde. Ici, Hannah Baker. En live et en stéréo. 

Je n'en crois pas mes oreilles.
Il n'y aura pas d'autres dates. Pas de rappels. Et cette fois, aucune intervention du public. 
Non, c'est impossible. Hannah Baker s'est suicidée. 
J'espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l'histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s'est arrêtée. Et si vous êtes en train d'écouter ces cassettes, c'est que vous êtes l'une de ces raisons. 
Hein ? Non ! 
Je ne vous dirai pas laquelle de ces cassettes vous concerne personnellement. Mais n'ayez crainte : si vous avez reçu cette charmante petite boîte, votre nom surgira à un moment ou à un autre... C'est promis. 
Et la parole d'une morte, c'est sacré."