Lectures en cours

Affichage des articles dont le libellé est Classique. Afficher tous les articles

Manon Lescaut

10

Auteur : Abbé Prévost.

Titre : Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut.

Résumé :  Jeune homme studieux et timide, le chevalier Des Grieux découvre en un instant la hardiesse, l'éloquence et la volupté. C'est Manon qui opère ce prodige, et c'est le destin qui envoie Manon au chevalier. Les amants goûtent aux charmes d'une passion irrésistible, mais condamnée : Des Grieux, jeune aristocrate promis au plus bel avenir, suscite l'hostilité de sa famille en enlevant Manon. Dans leur longue chute vers le malheur, Des Grieux et Manon éprouvent les transports des passions les plus violentes.

* * * 

Je sors de cette lecture avec déception. J'ai été désillusionné par le titre et le résumé... Ce n'était pas vraiment à quoi je m'attendais.

 Les personnages ne m'ont pas vraiment touchée. Je trouvais au Chevalier un air assez idiot tellement il était naïf et aveuglé par Manon. Il était capable du pire, tant que sa chère et tendre était satisfaite. Il se met dans les pires situations avant d'aller supplier ses amis bien trop tolérants de lui venir en aide. S'il m'a paru dans une situation digne de pitié, je ne me suis pas retenue de le mépriser. Manon, quant à elle, est une vraie frivole et libertine qui se montre assez rusée pour rouler les autres et mener son petit monde par le bout du nez. Malgré ses infidélités (dont la raison principale est le bien matériel), elle semblait plein d'amour pour le Chevalier... ou alors elle jouait très bien son jeu, je ne le sais pas.

Manon Lescaut, c'est surtout beaucoup de répétition. Les péripéties ne diffèrent pas beaucoup. A chaque tour, nous avons une passion, une infidélité puis finalement des retrouvailles. L'histoire se montrait plutôt intéressante au début mais lorsque le même cycle se répète indéfiniment, on finit par être lassé. 

La fin m'a paru pas très terrible. Ma réaction a été : "Tout ça, pour ça !" La convalescence du Chevalier m'a presque paru absurde... Il aurait pu se défaire de cette passion depuis le début mais bon, je ne le comprends pas du tout. Ça ne m'a pas paru très convaincant.

J'ai été un peu surprise de ne pas retrouver le narrateur du début en fin de livre. Je pensais qu'il y aurait une sorte de... conclusion, qu'il partagerait ce qu'il pensait de cette histoire. Mais non... Le Chevalier termine de raconter son récit au premier narrateur et ça s'arrête là. J'ai eu l'impression qu'il manquait une partie dans mon livre et j'ai été abasourdie lorsque je m'en suis rendue compte.

En final, c'est un des rares classiques qui ne m'a pas du tout convaincue. J'ai beaucoup apprécié l'écriture fluide et très belle mais l'intrigue et les personnages ne m'ont pas vraiment plu. Si j'en suis venue à lire ce livre car il était cité dans La dame aux camélias, j'avoue que je lui préfère le livre de Dumas fils.

Note : 6/10
Extrait :
Que les résolutions humaines soient sujettes à changer, c’est ce qui ne m’a jamais causé d’étonnement ; une passion les fait naître, une autre passion peut les détruire.

Raison et sentiments

12
Auteur : Jane Austen.

Titre : Raison et sentiments.

Résumé : Raison et sentiments sont joués par deux soeurs, Elinor et Marianne Dashwood. Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIè siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

* * *

Concernant l'écriture, le talent d'Austen n'est plus à prouver. Son style est très beau et en même temps si fluide que la lecture ne s'en trouve pas gênée. C'est un vrai délice de lire Jane Austen. J'affectionne particulièrement ses descriptions et ses dialogues qui nous font remonter le temps en direction du XIXème siècle.

Jane Austen excelle dans la mise en place des caractères de ses personnages. Faiblesse, force de caractère, mesquinerie... rien ne fait peur à l'auteure qui façonne les différents protagonistes avec brio. Dans son livre, on rencontre de tout. Chose qui nous aide à imaginer un peu la société dépeinte par l'auteure au fil des pages.

Concernant les deux soeurs qui sont les principaux personnages, je me suis plus retrouvée dans les traits d'Elinor et donc je me suis plus attachée à elle. J'ai tout de même été très touchée par la détresse de Marianne. Une tirade en particulier où elle exprime ses sentiments douloureux a été du plus bel effet (voir l'extrait). J'ai beaucoup aimé le fait que Marianne et Elinor se trouvent embarquées dans les mêmes complications amoureuses. Ca permet au lecteur de mieux sentir les différences entre leurs caractères puisque leurs réactions vis-à-vis des mêmes évènements sont complètement divergentes.

J'ai tout de même ressenti une lenteur dans la narration du récit. Alors que Marianne se lamente sur son sort ou par moments, où il ne se passe rien, je me suis quand même ennuyée. Et ça c'est négativement répercuté sur ma vitesse de lecture puisque j'étais incapable d'enchaîner plus de trente pages d'affilée. C'est la seule critique que je peux faire à l'encontre de ce livre que j'ai beaucoup aimé.

Dans ma pile de livres lus d'Austen - qui ne compte que trois modestes bouquins -, Orgueil et Préjugés se trouve toujours en tête. Ce livre est décidément inégalable. :) Il me tarde de découvrir d'autres titres de Jane Austen pour confirmer ou infirmer mon pressentit.

Note : 8/10
Extrait :
- Non, non, s'écria Marianne, une douleur comme la mienne ne connaît pas l'orgueil. Peu importe qu'on sache que je suis malheureuse ! Que l'on triomphe de m'avoir réduite à cette extrémité, que ce soit évident à tout le monde ! Elinor, Elinor, ceux qui ne souffrent pas beaucoup peuvent être fiers et indépendants tant qu'ils voudront - ils peuvent résister à l'injure ou rendre coup pour coup -, mais moi, je ne puis pas. Il faut que je m'abandonne à ma douleur, que je la subisse, et tous ceux qui en voudront être témoins seront les bienvenus.

On ne badine pas avec l'amour

6

Auteur : Alfred de Musset.

Titre : On ne badine pas avec l'amour.

Résumé :
On siffle sa première pièce ? Musset s'en moque, il publiera les autres pour son plaisir, insouciant d'aucune règle, sauf celle de ses caprices et de sa fantaisie douloureuse et si légère. Ce sera son " spectacle dans un fauteuil ". c'est pourquoi on ne cessera jamais de jouer ses comédies et proverbes. Dans quel rêve, quel château, quel parc mélancolique sommes-nous ? Le jeune seigneur Perdican devrait y épouser sa cousine Camille, mais en un instant il décide d'aimer une jeune bergère. Soudain dédaignée, Camille, qui ne croyait pas à l'amour, connaît le dépit, la jalousie, l'égoïsme de la passion. Autour d'eux, s'agitent des personnages fantoches d'une cocasserie irrésistible. Dans ce théâtre féérique, on se croise, on se déchire, on s'ennuie, on croit que tout est vain, on triche, on se désire, on souffre jusqu'à en mourir. Comme dans la vie.
 
* * *

C'est mon premier livre de Musset. On vante souvent ses pièces de théâtre, il fallait donc absolument que je m'y essaye. Puisque On ne badine pas avec l'amour faisait partie du Baby Classique de Livraddict, c'était l'occasion de découvrir Musset ! 

Le style d'écriture correspond bien à l'époque mais reste simple et abordable. Pas de vocabulaire difficile, encore moins de phrases . Ce qui rend la lecture très fluide et agréable. Un bon point pour Musset. :)

L'intrigue est plutôt simple. Deux cousins ayant été élevés sous le même toit, se retrouvent après une longue séparation. Le père de Perdican décident de les marier ensemble... Perdican ne semble pas contre l'idée mais Camille a d'autres projets puisqu'elle désire se faire religieuse. Mais lorsque Perdican fait semblant de se prendre d'amour pour Rosette, la jalousie ronge Camille qui se décide à revoir ses priorités. Commence alors un jeu entre les deux amoureux qui conduira à une vraie tragédie, ce qui explique le nom donné au livre.

Camille et Perdican sont deux personnages bien façonnés. La relation qu'ils entretiennent semble très solide, malgré leurs rapports froids au début. Je les ai appréciés tous les deux, pour leurs caractères bornés et assez orgueilleux. De plus, la présence de certains personnages vraiment ridicules ont donné à la pièce de théâtre un certain soupçon d'humour que j'ai apprécié.

En somme, c'est une pièce de théâtre que j'ai lue d'une traite et que j'ai pris bien aimé. Mais au final, je ne l'ai pas trouvée exceptionnelle. Elle est sympa, se lit bien mais c'est tout. Un classique avec lequel on ne se prend pas du tout la tête, que je conseille à tout le monde (même à ceux qui n'aiment pas vraiment les pièces de théâtre !)

Petit plus : Découvrir Les caprices de Marianne et Il ne faut jurer de rien du même auteur. Ces deux livres me tentent bien. :)

Note : 7/10

Extrait de la tirade de Perdican : (Acte II scène V)
Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : "J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

8
Auteur : Stefan Zweig.
 
Titre : Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.
 
Résumé :
Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un des clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'Amok et du Joueur d'échecs, est une de ses plus incontestables réussites.
 
* * *

Outre la biographie de Marie-Antoinette, voici le second roman de Zweig que je lis (après Le joueur d'échecs). Et ce fut de nouveau un véritable coup de coeur ! Dans un peu moins de cent trente pages, Zweig nous happe totalement dans son histoire et nous laisse complètement hagard à la fin de la lecture. Je l'ai lu d'une traite et l'est reposé à la fin, amplement satisfaite et particulièrement rêveuse.

Le grand plus de l'auteur est sa capacité à nous transmettre toutes les émotions de ses personnages. Ses descriptions des sentiments sont vraiment étonnantes ! Sans trop en faire, l'auteur parvient à rester dans le réalisme. On arrive presque à toucher ce qui se dégage de ses personnages, on s'identifie à eux et on les comprend.

J'ai particulièrement apprécié les méthodes de Stefan Zweig. Avant de nous mener vers l'histoire principale, il prend le temps de poser un cadre. Ce sont donc deux intrigues imbriquées que nous présente l'auteur. L'histoire commence avec un vrai drame. Une épouse quitte son mari et ses enfants au bras d'un dandy, sans un regard en arrière. Si tout le monde l'accuse et la méprise, le narrateur prend sa défense et s'attire les foudres des autres. Mais il a l'avantage d'attirer l'attention d'une dame anglaise d'un âge avancé, Mrs C. Grâce au fâcheux évènement, les deux personnes se rapprochent...et doucement, cela va conduire Mrs C. à confier au narrateur ces vingt-quatre heures de sa vie qu'elle n'arrive toujours pas à oublier...

Mrs C. est un personnage fascinant ! Son courage et son audace m'ont particulièrement touchée. L'histoire qu'elle va narrer avec franchise - même si elle craint d'être jugée - la rend encore plus attachante. Sa faiblesse face aux sentiments qui l'ont assiégée, le dilemme dans lequel elle a été posée, sa peur du jugement... Tant de détails qui font de la vie de ce personnage un véritable trésor d'émotions à découvrir.

L'intrigue présentée est très poétique mais la nature humaine vient mettre son grain de sel. Zweig a fini son histoire avec une pointe très réaliste... Je ne donne pas plus de précision, je vous laisse découvrir ce livre que j'ai tout simplement adoré !

Note : 9/10
Citation :
Vieillir, n’est au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé.  

Citation :
[...]ceux qui tombent, entrainent souvent dans leur chute ceux qui se portent à leur secours. 

Extrait :
La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à les émouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée.

Nana

16
Auteur : Emile Zola.

Titre : Nana.

Résumé :
Zola brûlait d'écrire Nana. "Je crois que ce sera bien raide. Je veux tout dire, et il y a des choses bien grosses. Vous serez content de la façon paternelle et bourgeoise dont je vais peindre les bonnes "filles de joie". En fait de joie, l'actrice, Nana, dévore les hommes, croque les héritages et plonge les familles dans le désespoir. Belle et prodigue, elle mène une danse diabolique dans le Paris du Second Empire, le Paris des lettres, de la finance et du plaisir. En se détruisant elle-même, elle donne le coup de grâce à une société condamnée, détestée par Zola. Neuvième volume de la série des Rougon-Macquart, Nana est le plus enivrant d'érotisme et de passion déchaînée.


* * *
Nana est une femme sans grands talents. Son seul atout est son corps. Pour mener une vie luxueuse, elle a appris à s'en servir. Nous assistons dès les premières page aux débuts de cette femme, sous la peau d'une actrice très médiocre, incapable de chanter encore moins de jouer son rôle correctement. Mais son physique a séduit plus d'un et son nom est désormais sur toutes les lèvres. Menacée par les créanciers qui risquent de saisir tous ses biens, Nana ne voit qu'un échappatoire : collectionner les amants et devenir une femme entretenue.

J'ai eu un peu de mal avec le début. L'histoire met beaucoup de temps à démarrer et j'ai trouvé certains passages pas bien nécessaires. Ca doit être la raison pour laquelle j'ai beaucoup traîné dans ma lecture. Mais petit à petit, on est gagné par l'envie de s'immerger complètement dans l'univers dressé par Zola. Je n'ai pas du tout senti la deuxième moitié du livre passer !

L'ascension de Nana et son évolution sont vraiment intéressantes à suivre. Si au début, elle se montre désintéressée, ne cherchant ni gloire ni richesse, rapidement, elle va devenir extrêmement complexe à analyser. Jurant fidélité à chacun des hommes qui se trouvent à ses pieds, elle profitera des moments où ils auront le dos tourné pour courir vers les autres. Mais par moments, elle se repentira et chassera les uns et les autres pour ne garder que son favori du moment. Narcissique, égoïste et calculatrice, elle tirera profit de chacun avant de les jeter dès qu'ils n'auront plus rien à lui offrir. Les hommes qu'elle ruinera ne se compteront plus et pire est le destin qui attend certains de ses amants ! Les catastrophes s'enchaineront dans son entourage et elle déchaînera des tempêtes sur son passage. Qu'il est dur de comprendre le caractère de Nana ! C'est un personnage tellement obscur qu'il est difficile de la cerner véritablement.

Le cadre social qu'a présenté Zola a son importance aussi. L'auteur décrit une société pervertie et gagnée par le vice. Une société où la débauche règne en maître. Luxure et déchéance sont au rendez-vous ! C'est un univers que je n'ai jamais rencontré dans la littérature jusqu'au moment présent.

L'écriture de Zola est vraiment magnifique. L'auteur pose son décor avec perfection et n'est pas avare en descriptions. Un vocabulaire très riche est utilisé et les phrases sont tournées d'une belle manière. Jurant par le réalisme, l'auteur ne manque pas de décortiquer ses personnages, même ceux qui sont secondaires ! Et ça, c'est vraiment intéressant car on ne se consacre pas tout simplement au personnage de Nana. C'est tout un monde que l'on découvre dans ce livre.

Je garde quand même rancune au livre car je me suis tout de même ennuyée par moments. J'ai largement préféré l'Assommoir même si je trouve que les personnages dans Nana sont mieux dressés et qu'une importance est donnée à leurs évolutions. Entre tout cas, Nana possède l'avantage de présenter une thématique intéressante qui mérite d'être lue.

Petit plus : Retrouvez un avis très complet sur Le livroscope d'AnGee :)

Note : 7.5/10
Livre 15/26

Vingt mille lieues sous les mers

7
Auteur : Jules Verne.

Titre : Vingt mille lieues sous les mers

Résumé :
Le scientifique français Pierre Aronnax, son fidèle domestique Conseil et le harponneur canadien Ned Land sont capturés par le capitaine Nemo qui navigue dans les océans du globe à bord du sous-marin Nautilus. L'aventure donne l'occasion de descriptions épiques (dont un enterrement sous-marin, un combat contre des calamars géants, etc.).
 
* * *

Jules Verne rime avec science, aventure et anticipation. Ses livres devancent de loin son époque. Certaines des machines ou concepts dont il a parlé dans ses livres n'ont été créés que des années après ! C'est vraiment fou !

Dans ce livre, Verne présente une riche épopée menée au fond de l'eau. Des descriptions détaillées jonchent le récit, autant scientifiques, biologiques ou tout simplement paysagères. L'auteur prend la peine de nous expliquer cette merveille qu'est la demeure du capitaine Nemo. L'électricité, la gestion de l'air respirable, le maintien de la pression, les vêtements les mets et plats, ... tout est savamment décortiqué pour notre plus grand plaisir. Par exemple, Jules Verne parle des scaphandres autonomes comme s'ils existaient vraiment à cette époque-là. Toute l'étendue de sa créativité est démontrée... A ces passages, difficile de ne pas admirer son talent.

Dans un autre temps, Jules Verne ne se montre pas avare en classant les genres de poissons et leurs caractéristiques... C'est un véritable trésor que nous réserve l'auteur. Quel travail ça a du demandé de réunir toutes ces informations ! Certainement de longues périodes de recherche ! Enfin, Verne décrit avec brio les fins fonds des mers qu'on a l'impression de s'y retrouver. Certainement, de ce point de vue-là, le livre est très, très abouti. 

Le seul problème, c'est que les descriptions freinent un peu le récit. Heureusement que l'action survient de temps à autre pour le ranimer et réveiller le lecteur. C'est tout de même un récit d'aventure, eh bien, sachez que l'aventure y est ! Des scènes excellentes jonchent le récit dont des chasses sous-marines et même un enterrement au fond de la mer.

J'en viens au Capitaine Nemo ! L'auteur nous révèle peu d'informations sur lui, ce qui fait qu'une atmosphère mystérieuse l'entoure. C'est un personnage très marquant.. Avec Phileas Fogg (dans Le tour du monde en 80 jours), il est mon personnage préféré parmi ceux que Jules Verne a façonnés - ceux que j'ai découverts, jusqu'à maintenant, ça va de soi.

J'ai mis beaucoup de temps à lire ce livre ; il est très riche en informations, il me fallait un moment pour digérer tout ça. Malgré certaines longueurs, j'ai passé un très bon moment. C'est un livre qui vaut très bien ceux que j'ai lus de Verne. Il me tarde d'en découvrir d'autres de lui !

Petit plus : Pourquoi Jules Verne attribue aux domestiques des prénoms bizarres ? :P Après Passe-partout, on a Conseil... A méditer, haha.

Note : 7.5/10
Extrait : (une magnifique description)
Il était alors dix heures du matin. Les rayons du soleil frappaient la surface des flots sous un angle assez oblique, et au contact de leur lumière décomposée par la réfraction comme à travers un prisme, fleurs, rochers, plantules, coquillages, polypes, se nuançaient sur leurs bords des sept couleurs du spectre solaire. C'était une merveille, une fête des yeux, que cet enchevêtrement de tons colorés, une véritable kaléidoscopie de vert, de jaune, d'orange, de violet, d'indigo, de bleu, en un mot, toute la palette d'un coloriste enragé !

* * *

" Monsieur, qu'est-ce que perle ? 
- Mon brave Ned, répondis-je, pour le poète, la perle est une larme de la mer ; pour les Orientaux, une goutte de rosée solidifiée ; pour les dames, un bijou de forme oblongue, éclat hyalin, matière nacrée, portent au doigt, au cou ou à pour le chimiste, un mélange de phosphate et de carbonate de chaux avec un peu de gélatine, et enfin, pour les naturalistes, une simple sécrétion maladive de l'organe qui produit la nacre chez certains bivalves.

Livre 12/26

Cyrano de Bergerac

3
Auteur : Edmond Rostand

Titre : Cyrano de Bergerac

Résumé :
La gloire d'Edmond Rostand est inimaginable aujourd'hui. Ses contemporains le tiennent pour le plus grand écrivain de tous les temps. Cyrano de Bergerac suscite une véritable adoration, indéfiniment renouvelée. On devrait encore savoir par cœur ces vers piaffants, cliquetants, étourdissants, à l'image de ce héros romantique et baroque, de ce d'Artagnan amoureux. Savant fou tombé de la Lune ou ferrailleur éblouissant, si tous les Français se reconnaissent en lui, s'il nous arrache des larmes, c'est parce qu'il est vrai, d'une profonde vérité humaine. C'est lui que Roxane aimait, son intelligence, son esprit, et non le beau et ennuyeux Christian. Cyrano est une part de nous-mêmes, le vengeur des humiliés et des offensés, des timides et des ratés de l'amour. À la fin de l'envoi, c'est toujours lui qui gagne. 
 
* * *

Une pièce de théâtre qui est en vers ? Je serai la première à m'enfuir :P Il faut croire qu'il ne faut jamais juger un livre à premier abord. Si j'avais succombé à ma frayeur, je serais passée à côté d'un véritable chef-d’œuvre. Vous l'aurez deviné, ça a été un immense coup de coeur pour moi !

Tout dans ce livre était voué à me plaire. Les personnages très intéressants, les relations qu'ils entretiennent, le style d'écriture en toute beauté, ... et surtout Cyrano lui-même ! C'est un véritable gentleman doté d'un véritable don pour la poésie, malgré son apparence qui ne lui convient guère car il aurait tant aimé être aussi beau que Christian. J'ai adoré le soupçon d'humour dans ses discours, sa malice et son air constamment enjoué. Il met tant d'ardeur dans tous ses faits et gestes. On devine sa bravoure dans chacune de ses décisions. Sérieusement, je suis totalement sous son charme ! 

Christian et Cyrano. Ils ont tant de contrastes. Christian brille par son physique, Cyrano sera son intelligence pour plaire à Roxane. Une situation qui va mettre l'un ou l'autre dans des positions inconfortables mais si amusantes, pour nous lecteurs. Malgré certains passages drôles, le drame n'est jamais loin. La fin est triste mais si merveilleuse. Elle a achevé de me convaincre de ma passion pour cette œuvre. Décidément, c'est la meilleure pièce de théâtre que j'ai lue. :)

Petit plus : Ce livre - avec la contribution de mon amie litté.-13 - m'a donné envie d'en savoir plus sur le véritable Cyrano de Bergerac. J'espère avoir l'occasion de lire une de ses œuvres !

Note : 10/10 (sinon plus, haha !)

Pour les extraits que vous proposes, j'aurais tant aimé vous citer la tirade du nez qui est ma favorite mais elle est beaucoup trop longue. Je laisse quand même un lien pour ceux qui aimeront la découvrir : Tirade du nez.

J'aurais aimé vous citer le livre en entier mais ça n'a rien de raisonnable, non plus. :P Je me limite donc à celui-là, que j'ai beaucoup aimé :

Extrait du cinquième acte :
[...] À ce moment, un peu de brise fait tomber les feuilles.

CYRANO
Les feuilles !

ROXANE, levant la tête, et regardant au loin, dans les allées
                        Elles sont d’un blond vénitien.
Regardez-les tomber.

CYRANO
                                  Comme elles tombent bien !
Dans ce trajet si court de la branche à la terre,
Comme elles savent mettre une beauté dernière,
Et malgré leur terreur de pourrir sur le sol,
Veulent que cette chute ait la grâce d’un vol !

ROXANE
Mélancolique, vous ?

CYRANO, se reprenant
                                   Mais pas du tout, Roxane !

Crime et châtiment, tome 1

2
Auteur : Fedor Dostoïevski.

Titre : Crime et châtiment, tome 1.

Résumé :
A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d'argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu'il va faire bientôt - de manière crapuleuse. Publié en huit livraisons par Le Messager russe au cours de l'année 1866, le roman de Dostoïevski montre en Raskolnikov un témoin de la misère, de l'alcoolisme et de la prostitution que l'auteur décrit sans voiles, un criminel aussi qui ne sait trop pourquoi il l'est devenu, tant les raisons qu'il s'invente pour agir sont contradictoires. Mais la tragédie n'exclut pas la vision d'une vie lumineuse, et le châtiment de son crime va lui permettre un long cheminement vers la vérité, et la renonciation à sa mélancolie brutale. Après quoi sera possible ce que l'épilogue annonce : l'initiation de Raskolnikov à une réalité nouvelle, le passage d'un monde à un autre monde.
* * *

Après avoir goûté à la littérature russe grâce à Anna Karénine de Tolstoï, j'ai décidé de remettre ça avec un livre du très célèbre Dostoïevski et cela, dans le cadre du challenge A la découverte des Russes. :)

Dans Anna Karénine, on était en face à une société huppée, à la recherche des plaisirs et du luxe. On s'éloigne de ce thème, dans Crime et châtiment, en plongeant dans la misère. Un peuple confiné dans des chambres ressemblant plus à des tombeaux, un peuple qui n'a plus qu'un but : survivre. Rodia caractérise au mieux cette société. Ancien étudiant, ayant quitté l'université, il est poussé jour après jour par sa logeuse à payer son dû ou à quitter sa chambre. Mais où trouver l'argent ? Sa seule ressource est sa mère, encore plus pauvre que lui, qui lui a déjà plus d'une fois sauvé la mise. Il ne lui reste qu'une seule issue : mettre sa montre - seul souvenir de son père - et une bague sans grande valeur en gage. Cela ne lui rapporte guère beaucoup. C'est là que l'idée de commettre un crime lui vient à l'esprit.

Rodia est un personnage très intéressant à suivre. Il est taciturne, fier, brillant d'intelligence et surtout tourmenté. Après avoir commis son assassinat, le doute torture son esprit et va poussivement le mener vers la folie. Son délire est rudement bien décrit ! Pénétrer ses pensées est une expérience captivante.

En général, les dialogues respirent la réalité. On n'a aucun mal à se représenter les personnages. Le récit promet beaucoup de discussions intéressantes, en particulier à propos du crime. Malgré tout, j'avoue que je me suis laissée devancer de temps à autre... La narration est effrénée, par moments. On se perd, on se demande où les personnages sont exactement... J'ai eu la même remarque à propos du livre Netotchka Nézvanova du même auteur.

Il y a beaucoup de personnages et comme cela est fréquent en Russie, chacun a non seulement un nom et un prénom mais aussi un patronyme et parfois même un surnom. Ce qui en fait une bonne vingtaine à retenir. Heureusement que mon édition proposait un résumé de personnages au tout début. J'aurais été en mauvaise affaire, dans le cas contraire.

Mon seul regret : ne pas posséder le deuxième tome. :( La fin de ce premier opus me laisse un fort suspense, j'ai vraiment envie de savoir ce qui va se passer !

Note : 8/10
Citations :
Des éventails de rides entouraient depuis longtemps ces yeux, ses joues se creusaient, desséchées par les soucis et les douleurs, mais son visage n'en était pas moins d'une grande beauté.

Il y a des gens, de parfaits inconnus, qui appellent l'intérêt au premier coup d'oeil, ainsi, soudainement, sans qu'aucune parole ne soit encore échangée. 

Le crime de Lord Arthur Savile

8
Auteur : Oscar Wilde.

Titre : Le crime de Lord Arthur Savile.

Résumé : Il s'agit ici d'un jeune homme un peu trop parfait sur le point d'épouser une femme un peu trop parfaite. Jusqu'au jour où, à travers les prédictions d'un chiromancien, il découvre avec horreur qu'il va commettre un crime abject. C'est fort fâcheux pour cet homme qui juge la tâche en question tout à fait déplaisante. Certes. Mais si tel est le destin, alors tel est son devoir, et notre héros n'est pas homme à se dérober devant lui. Tuer après le mariage pouvant fortement compromettre son bonheur conjugal, le voilà qui décide de retarder la cérémonie pour venir à bout au plus vite de l'odieux impératif. Mais qui tuer ? Et comment ? Une nouvelle délicieuse et pleine d'humour. 

* * *

J'ai l'habitude d'éviter les nouvelles car j'ai souvent l'impression que ce n'est pas si "développé". Je n'ai pas éprouvé ce sentiment avec ce petit livre de Wilde. C'est un récit simple et concis mais qui remplit sa tâche à merveille !

L'intrigue est très bien menée. Lord Arthur Savile a vivement décidé de répondre à son destin avant d'épouser sa fiancée, afin d'éviter les complications. Imaginez un jeune homme innocent, plein de candeur avec l'idée d'assassiner quelqu'un... Ca donne une situation très cocasse, n'est ce pas ?

Le récit, malgré sa portée morbide, est vraiment léger et ne manque pas d'humour. La chute de la nouvelle est très réussie ! Un vrai chef-d'oeuvre que je suis contente d'avoir découvert. J'ajoute en final qu'il s'agit d'un bouquin qui convient à tout âge.

Petit plus : La fiancée de Lord Arthur s'appelle Sybil ! L'actrice dont Dorian a été éprise se prénommait ainsi aussi, dans Le Portrait de Dorian Gray. :)

Note : 10/10
Citation :
l sentit que l’épouser, avec le fatum du meurtre suspendu sur sa tête, serait une trahison pareille à celle de Judas, un crime pire de tous ceux qu’ont jamais rêvés les Borgia.

La Dame aux Camélias

7
Auteur : Alexandre Dumas (fils)

Titre : La Dame aux Camélias.

Résumé : Ce roman, dont Alexandre Dumas fils tira aussi un drame, est inspiré de l'existence authentique de Marie Duplessis. Merveilleusement belle et intelligente, cette courtisane fut adorée du Tout-Paris et de l'auteur lui-même. Il dut renoncer à elle, car il n'était pas assez riche. Verdi fit de ce drame un opéra sublime, La Traviata.
Armand et Marguerite vivent un amour immense qui survit à tous les obstacles et à toutes les tromperies. Le père d'Armand interdit cet amour inconvenant. Mais rien n'aura empêché le bonheur d'aimer, la virginité retrouvée, l'argent et les conventions dédaignés. L'amour véritable, c'était pour Marguerite l'espoir, le rêve et le pardon de sa vie. Tout lui fut donné, mais à quel prix !

 * * *

Ce mois-ci, j'ai lu tellement de classiques que je vais en faire une overdose. xD Heureusement que j'en ai apprécié la plupart... En tout cas, la Dame aux Camélias m'a absolument enchantée.

L'écriture de Dumas fils est si belle. N'ayant pas lu de livres de Dumas père, je ne pourrai donc pas comparer leurs deux plumes. D'ailleurs, je ne pense pas qu'il y a champ de comparaison puisque les deux auteurs écrivent dans des genres complètement différents.

L'histoire est une romance. Peu heureuse certainement puisque l'on connait déjà le dénouement avant de commencer à lire. La mort de Marguerite Gautier est présentée au tout début du livre mais malgré tout ça ne dérange nullement la lecture. Dumas a été fort audacieux de présenter le dénouement avant de remonter doucement vers les faits. Je trouve ce procédé original et captivant.

Beaucoup de sentiments sont communiqués par Dumas, je lui ai trouvé du talent à décrire les émotions de ses personnages. L'écriture en elle-même est fluide et se distingue par sa délicatesse. Les actions s'enchaînent aussi facilement, naturellement... Ce sont des avantages qui rendent la lecture facile et rapide.

Les actions n'ont rien d'inattendues, certes, mais cela ne m'a pas en rien empêché de savourer cette lecture. J'ai vécu cette histoire, suivant les pas d'Armant, de Marguerite et de tous ces personnages secondaires qui les entourent.

La partie qui m'a le plus touchée est sans doute le journal de Marguerite délivré après sa mort où elle narre les derniers jours de sa vie. C'est un passage fort marquant où il me fut difficile de dire adieu à ce personnage qui paraissait si réel.

La Dame aux Camélias est un très beau classique qu'il faut avoir tenté au moins une fois.

Petit plus : Lire Manon Lescaut, livre cité plusieurs fois dans ce petit chef-d'oeuvre. :)

Note : 8.5/10
Extrait :
Je ne tire pas de ce récit la conclusion que toutes les filles comme Marguerite sont capables de faire ce qu'elle a fait ; loin de là, mais j'ai eu connaissance qu'une d'elles avait éprouvé dans sa vie un amour sérieux, qu'elle en avait souffert et qu'elle en était morte. J'ai raconté au lecteur ce que j'avais appris. C'était un devoir.

Rebecca

9
Auteur : Daphne du Maurier

Titre : Rebecca.

Résumé : Sur Manderley, superbe demeure de l'ouest de l'Angleterre, aux atours victoriens, planent l'angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l'ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ? Daphné du Maurier plonge chaque page de son roman - popularisé par le film d'Hitchcock, tourné en 1940, avec Laurence Olivier et Joan Fontaine - dans une ambiance insoutenable, filigranée par un suspense admirablement distillé, touche après touche, comme pour mieux conserver à chaque nouvelle scène son rythme haletant, pour ne pas dire sa cadence infernale. Un récit d'une étrange rivalité entre une vivante - la nouvelle madame de Winter - et le fantôme d'une défunte, qui hante Maximilien, exerçant sur lui une psychose, dont un analyste aurait bien du mal à dessiner les contours avec certitude. Du grand art que l'écriture de Daphné du Maurier, qui signe là un véritable chef-d'oeuvre de la littérature du XXe siècle, mi-roman policier, mi-drame psychologique familial bourgeois.
* * * 

C'est surement du à l'influence de tous ces livres fantastiques que je lis mais lorsque j'ai lu le résumé du bouquin, je m'attendais à une histoire de fantôme. Alors qu'en fait, c'est beaucoup obscur que ça. C'est l'histoire d'une femme qui a su laissé sa trace, même au delà de la mort. Une jeune femme belle, spirituelle, qu'on admirait... morte prématurément  laissant un mari désemparé : Maximilien de Winter.

L'héroïne - dont le nom n'a été donné a aucun moment dans le livre - rencontre Maxim et s'en amourache. Les évènements les conduisent à se marier. La jeune femme délaisse sa vie simple pour vêtir une autre, en la personne de Mrs de Winter. Mais au moment où le couple est contraint de retourner à Manderley, le domaine de Winter, les choses se corsent. Le changement de repère et d'environnement pèse lourd sur les épaules frêles de l'héroïne. Discrète et effacée, elle n'a rien à voir avec l'ancienne maîtresse de maison qui était belle, heureuse de vivre et surtout mondaine. La jeune femme est forcée de se prendre en main mais manque de confiance en elle. Elle n'est pas issue de ce monde où tout est nouveau pour elle. A chaque fois qu'elle fait un pas en avant, on lui rappelle que Rebecca se comportait comme tel ou qu'elle ne tolérait pas telle chose. L'héroïne recule donc et commence même à craindre l'ombre de la morte qui continue son influence partout et surtout tout le monde. Même sur son mari qui semble en être encore épris. La jeune épousée sent qu'elle ne peut pas rivaliser avec Rebecca. Tant de choses les séparent.  La dame de charge profite de cette faiblesse et continue de régner en maîtresse sur le domaine. Ce personnage secondaire est très marquant car l'héroïne en est intimidée.

Une ambiance lourde et angoissante finit par suivre ces moments de doute, lorsque la vérité éclate. Là, le récit prend une tournure semblable à celle d'un polar. Tant d'émotions ont eu raison de moi. Parfois, j'eus à interrompre ma lecture pour me délecter de ces moments si forts.

L'écriture de Daphne du Maurier a aussi son impact. Sa simplicité mais sa subtilité anime le récit et lui donne un grand charme. Les descriptions des lieux sont particulièrement délicieuses ! C'est du grand art. L'extrait que j'ai proposé montre l'étendu de son talent... Ca donne envie de s'essayer à d'autres oeuvres de cette auteure.

En final, je recommande ce bouquin qui a été un véritable coup de coeur pour moi ! C'est même un de mes livres préférés, maintenant. ^^

Note : 10/10
Extrait : 
Il ne m'appartenait pas du tout, il appartenait à Rebecca. Elle était toujours dans la maison, comme Mrs Danvers l'avait dit, elle était dans cette chambre de l'aile ouest, elle était dans la bibliothèque, dans le petit salon, dans la galerie au dessus du hall. Même dans le petit vestiaire où pendait son imperméable. Et dans le jardin, et dans les bois, et dans la maisonnette en pierre sur la plage. Ses pas résonnaient dans le corridor, son parfum traînait dans l'escalier. Les domestiques continuaient à suivre ses ordres, les plats que nous mangions étaient les plats qu'elle aimait. Ses fleurs préférées remplissaient les chambres. Rebecca était toujours Mme de Winter. Je n'avais rien à faire ici.

Le joueur d'échecs

9
Auteur : Stefan Zweig.

Titre : Le joueur d'échecs.

Résumé : "Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... Quand ce texte paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur d'échecs est une confession à peine déguisée de cette désespérance."

* * *

Je suis vraiment contente de retrouver de nouveau Zweig ! Je suis totalement fan de son style d'écriture. Il arrive à véhiculer tant d'émotions dans ses écrits. Je tire énormément de plaisir de cette deuxième lecture et j'espère bien que ça ne sera pas mon dernier bouquin de lui.

Le joueur d'échecs. Ce titre m'évoquait principalement une partie d'échecs... Je m'attendais à ce que ça soit l'élément principal du livre et que l'auteur s'y consacre mais en fait, c'est beaucoup plus que ça.

L'histoire commence avec la curiosité du narrateur. Il sait qu'un joueur de renommée mondiale se trouve sur le bateau. Mais Czentovic n'est pas commode. Il n'accepte de disputer une partie avec le narrateur et les intéressés que contre une somme d'argent bien ronde. Le narrateur finit par accepter... Le gain est inespéré jusqu'à ce qu'une personne qui passait par là se joigne à la partie. Un certain M.B. Ses conseils sont avisés, on arrive presque à coincer Czentovic. Les amateurs d'échecs sont incrédules. Le narrateur presse le prodige à disputer une partie avec le champion en tête-à-tête mais M.B. refuse en révélant qu'il n'a pas touché un jeu d'échecs depuis vingt années.

Enfin, Zweig accepte de nous dévoiler comment ce monsieur B. est arrivé à acquérir son talent. L'homme était emprisonné par les nazis dans une chambre d'hôtel. Une prison où il n'avait aucune occupation, personne à qui parler. Tout cela pour qu'il flanche et dévoile les secrets qu'il dissimulait. M.B. était menacé par le vide et désespéré jusqu'au jour où il arrive à dérober un livre. Ce bouquin n'est qu'un manuel d'échecs mais c'est ce qui arrive à le sauver. Jour et nuit, il se consacre à ce jeu noble jusqu'à le maîtriser avec brio. Il n'a même pas besoin d'un plateau. Les combinaisons se font dans son esprit. Mais ce jeu qui est arrivé à le sauver de la perte le conduit doucement vers la dépendance, l'obsession et la folie...

Ce livre ne tourne pas seulement autour des échecs. C'est une condamnation des agissements des Nazis qui ne se contentaient pas des tortures physiques mais aussi morales, ce qui est bien pire, à mon avis. Sachant que l'auteur s'est suicidé en 1943 et que cette nouvelle est la dernière qu'il ait écrite, c'est un vrai bijou que l'on a entre les mains. C'est l'appel désespéré de l'auteur, face à l'occupation allemande. J'ai été fort marquée par M.B. J’ajouterai seulement que j'ai beaucoup aimé cette lecture et que je la conseille à tout le monde.

Note : 8.5/10
Citation :
Vouloir jouer aux échecs contre soi-même est aussi paradoxal que vouloir marcher sur son ombre.

Extrait : 
Je n'entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette.
On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s'est rompue et qu'on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes.
On n'avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le silence vertigineux, un vide sans dimensions dans l'espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement.
Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle.

Peter Pan

8
Auteur : James Matthew Barrie.

Titre : Peter Pan.

Résumé : Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

* * *

Si vous vous apprêtez à lire Peter Pan, oubliez l'adaptation Disney car c'est drôlement différent. J'ai eu la chance d'avoir complètement, et sans intention, oublié l'histoire du dessin animé et n'avoir gardé que les grandes lignes, haha. Mais j'étais fort surprise par plusieurs détails. D'abord, Peter est un gamin très énervant. Son caractère n'est pas du tout facile. Il est très prétentieux, égoïste et n'a pas vraiment de mémoire. Il a tendance à oublier tous les évènements antécédents ainsi que les autres personnages... Un trait de caractère qui montre bien qu'il n'est imbu que sa petite personne.

Clochette est, comme chacun s'y attend, une petite fée très jalouse. Wendy se la met à dos dès le début. Cependant, elle se rattrape comme elle le peut en montrant son dévouement pour Peter Pan. J'ai eu aussi beaucoup de plaisir à découvrir les enfants abandonnés, les indiens, les pirates ainsi que le célèbre crocodile du point de vue de Barrie. Sinon les personnages, les évènements ne changent pas vraiment.

Même si Peter est agaçant, j'avoue qu'il m'a parfois fait rire. Il a tendance à faire une ovation à lui-même dès qu'il sent qu'il a fait un exploit, même minime.

La fin est assez triste... Je ne me rappelle plus de celle du dessin-animé alors je ne peux décidément pas comparé. D'un point de vue général, c'est un livre qui se lit bien. Je ne trouve pas qu'il est adressé à un public jeune, voir enfantin. Il y a tant de vérités cachées entre les lignes qu'il faut fouiller pour les dénicher. D'autant plus que le style n'est pas si simple.. 

Petit plus : Il serait temps que je regarde le film ! Il y a des acteurs intéressants ! :)

Note : 7/10.

Le silence de la mer

6

Auteur : Vercors

Titre : Le silence de la mer

Résumé : Hiver 1940, la France est défaite. En province, dans une ancienne demeure, un vieil homme et sa nièce voient une partie de leur habitat réquisitionnée pour héberger un officier allemand. Lors des veillées, dans la grande cuisine, seule pièce chauffée, au coin de l’âtre, l’officier leur rend visite et essaye d’établir un contact. Enfermés dans leur mutisme, les deux hôtes écoutent sans mot dire. De long monologues sur l’amour des peuples, la coopération, l’admiration de la culture française émanent de cet homme fin et cultivé, musicien de profession. Il croit à l’avenir d’une Europe unifiée où chacun respecte l’autre et y apporte son particularisme. Il croit en la pluralité des cultures et des idées. En face de lui, seul le silence lui répond.

* * *

Autant la nouvelle Le silence de la mer m'a plu autant j'ai été fortement exaspérée par les suivantes (à part peut-être Ce jour-là). Mais parlons tout d'abord de la première qui a su me charmer par sa subtilité et sa beauté.

La première nouvelle se déroule pendant la guerre mondiale. Un père et sa nièce français sont contraints d'abriter un soldat allemand. Ils décident d'un commun accord de ne pas lui adresser une parole. Si l'étranger ne rentre au foyer que pour se coucher, il devient plus entreprenant au fil des nuits jusqu'à les solliciter pour profiter du feu puisqu'il fait si froid. Il commence alors à leur faire part de ses espoirs à ce que la France et l'Allemagne sortent un jour de cette guerre, amies. Les hôtes écoutent leur invité ; il commence à faire part de leur quotidien mais leurs bouches restent scellées. J'ai trouvé cette scène très belle. La fin m'a vraiment émue. J'ai entendu parler d'une adaptation cinématographique qui n'est pas fidèle à la nouvelle mais dont le résumé m'a paru intéressant. Il se peut que je me laisse tenter.

Concernant les nouvelles suivantes, j'ignore tout juste pourquoi je n'y ai pas accroché. Je les trouvai dénuées d'intérêt et j'avançais dans ma lecture avec peine. Ce fut une vraie déception car je m'attendais à plus. Malgré tout, je ne regrette pas de l'avoir découvert, ne serait-ce que pour lire la première nouvelle !

Note : 6/10
Baby Challenge Classique : 11/20
Citation :
Le silence se prolongeait. Il devenait de plus en plus épais, comme un brouillard du matin. Épais et immobile. L'immobilité de ma nièce, la mienne aussi sans doute, alourdissaient ce silence, le rendaient de plomb.

Œdipe roi

10

Auteur : Sophocle.


Titre : Œdipe roi.

Résumé : Cruauté du sort qui amène Œdipe à commettre à son insu l'acte criminel prédit par l'oracle ! Averti par Delphes qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, il fuit les lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents présumés... Que ne lui a-t-on dit, hélas, qu'il était le fils de Laïos ! 
 Ignorant du drame ancien, aveuglé parle hasard, Œdipe court à sa perte. Il tue un voyageur qui lui barre la route, libère Thèbes de la Sphinge, épouse la reine de la cité, occupe le trône royal et... accomplit son terrible destin.

* * *

Merci au Baby Challenge classique de m'avoir incitée à ouvrir ce livre ! Bien sûr, je connaissais déjà le mythe d'Œdipe et cela grâce à la pièce de théâtre Antigone de Jean Anouilh, mais celle-ci se consacre principalement à la tragédie de la fille d'Œdipe. (En passant, j'espère avoir la chance de lire Antigone de Sophocle.)

Œdipe a fui ses parents adoptifs de crainte d'accomplir la prophétie mais ce qu'il ignore qu'il ne peut fuir son destin. Dans ce livre, Œdipe est roi. Il a déjà tué son père, Laïos, Roi de Thèbes, et épousé sa mère, Jocaste. Il ne coule pas une vie heureuse - loin de là ! - car la malédiction semble s'abattre sur Thèbes. Le seul moyen de libérer ses habitants est de mettre la main sur l'assassin de Laïos. Œdipe jure de découvrir le meurtrier et de lui donner le jugement qu'il mérite.

C'est la première fois que je lis une pièce de théâtre antique. Ce fut une lourde tâche au début mais je m'y suis doucement habituée pour, au final, y accrocher totalement. Je le conseille vivement, c'est un livre à découvrir ! :)

Note : 8/10


Oliver Twist

6

Auteur : Charles Dickens

Titre : Oliver Twist

Résumé : Oliver Twist est un orphelin qui grandit dans la misère d’un hospice de l’Angleterre victorienne. Il se lie d’amitié avec un jeune voleur qui l’introduit dans le monde des pickpockets. Arrêté, puis innocenté par le tribunal, Oliver se retrouve à dix ans livré à lui-même dans les bas-fonds de Londres où règne la loi du plus fort et du plus méchant. Oliver est recueilli par Mr Brownlow qui le traite comme un humain. Mais la bande de jeunes voleurs le retrouve... Ce chef-d’œuvre de Charles Dickens est à l’origine d’une prise de conscience de la condition des enfants lors de la grande révolution industrielle du XIXe siècle, une prise de conscience qui reste, hélas, toujours d’actualité dans le monde.

***

Si je n'ai pas été particulièrement transportée par ce livre dès le début, j'eus rapidement à changer de point de vue car il est difficile de rester insensible au style de Dickens. A premier abord, j'ai été dérangée par tant de misère et de noirceur. La vie d'Oliver n'était qu'une successions de malheurs, ce qui rendait la lecture assez difficile et plutôt monotone. Mais au moment où un peu de lumière commence à apparaître, on s'accroche à l'espoir de voir ce petit bout d'homme accéder aux quelques lambeaux de bonheur auquel il aspire.

Si le personnage d'Oliver ne m'a pas vraiment marquée, j'ai eu beaucoup de plaisir à suivre les méchants. J'ai adoré les détester, en particulier Guillaume Sikes. Nancy fut le personnage féminin que j'ai jugé le plus intéressant. Elle était dans une situation très délicate ; d'un côté, elle avait pitié d'Oliver et voulait le protéger mais d'un autre, elle ne pouvait le faire qu'au risque de se mettre à dos Sikes. Le fait qu'elle soit très éprise de lui n'arrangeait guère les choses.

Le style de Dickens est un vrai délice. On décèle parfois de l'humour et une grande ironie dissimulés entre ses lignes. J'avoue aussi que je guettais les passages où l'auteur s'adressait directement au lecteur. L'épilogue était rédigé de cette manière ; je me suis sentie très émue en lisant la fin, alors que Dickens se désolait à l'idée de quitter ses personnages. J'en ai les larmes aux yeux de nouveau en recopiant la citation. Moi aussi, je ne cache pas que j'ai beaucoup de peine à me détacher de cette lecture.

Je remercie Litté-13 de m'avoir choisi ce livre ; sans elle, il sera resté longtemps dans ma PAL.

Note : 8.5/10

Citation :
Et maintenant celui qui écrit ces lignes regrette de toucher au terme de sa tâche et voudrait poursuivre encore le fil de cette histoire.
J’aimerais à m’arrêter près de quelques-uns de ces personnages au milieu desquels j’ai vécu si longtemps, et à partager leur bonheur en tâchant de le dépeindre.


Anna Karénine, tome 2

4
Auteur : Léon Tolstoï.

Titre : Anna Karénine, tome 2.

Résumé :
Anna n'est pas qu'une femme, qu'un splendide spécimen du sexe féminin, c'est une femme dotée d'un sens moral entier, tout d'un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s'applique aussi bien à son amour. Elle n'est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d'amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie. Elle part vivre avec lui d'abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison 'notoire' la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

*****

Ce deuxième tome est la suite directe du premier. J'ai donc continué ma lecture comme s'il n'y avait eu aucune interruption. Ce tome certifie bien ma remarque concernant l'évolution des personnages. C'est fou comme Anna change au fil des lectures. Elle brûle de jalousie et devient très nerveuse. Mon impression à son égard n'a guère changé. Je l'aime bien mais ce n'est pas mon personnage favori. Toute ma sympathie va à son mari, Alexis Karénine, qui resta digne du début jusqu'à la toute fin. Certains passages montrent vraiment son grand coeur qu'il dissimule sous un masque impassible.

Dans ce deuxième tome, j'ai relevé une bonne dizaine de passages qui m'ont particulièrement marquée, dont la visite d'Anna à son enfant, après une longue absence. Ce fut vraiment touchant. 

Sinon, la fin tragique du livre aurait pu avoir sur moi un bien autre effet si je ne connaissais pas . En effet, un livre de Musso m'avait bêtement spoilé. Mais bon, j'ai énormément apprécié que le livre ne s'arrête pas à ce niveau-là, car on consacre une partie pour parler des personnages, plus tard. Une sorte d'épilogue. 

D'un point de vue général, j'ai réellement aimé ce livre. Ce fut une joie de découvrir la littérature russe du XIXème siècle, j'essayerai d'y rester fidèle. En particulier à Tolstoï dont j'ai beaucoup apprécié le style et les personnages.

Note : 9/10

Citations :
« Et mon fils ? me le rendra-t-on ? Non, il grandira chez ce père que j’ai quitté, en apprenant à me mépriser ! Conçois-tu que j’aime presque également, certes plus que moi-même, ces deux êtres qui s’excluent l’un l’autre, Serge et Alexis ? » Elle revint au milieu de la chambre en serrant ses mains contre sa poitrine, et se pencha vers Dolly, tremblante d’émotion sous ce regard mouillé de larmes. 
« Je n’aime qu'eux au monde et ne puis les réunir ! Le reste m’est égal ! Cela finira d’une façon quelconque, mais je ne puis, je ne veux pas aborder ce sujet. Tu ne saurais imaginer ce que je souffre ! » 
Elle s’assit près de Dolly et lui prit la main. 
« Ne me méprise pas, je ne le mérite pas ; mais plains-moi, car il n’y a pas de femme plus malheureuse… » Et elle se mit à pleurer.

Envies : Regarder l'adaptation cinématographique avec Keira Knightley
Lire Guerre et Paix, du même auteur, que m'a conseillée une lectrice ! :)


Anna Karénine, tome 1

6
Auteur : Léon Tolstoï

Titre : Anna Karénine (tome 1)

Résumé : 
Anna n'est pas qu'une femme, qu'un splendide spécimen du sexe féminin, c'est une femme dotée d'un sens moral entier, tout d'un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s'applique aussi bien à son amour. Elle n'est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d'amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie. Elle part vivre avec lui d'abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison 'notoire' la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

*****

Le livre ne tourne pas seulement autour du personnage d'Anna. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai tant apprécié ce bouquin. C'est toute une société que dépeint Tolstoï, avec leurs personnalités, leurs statuts sociaux et leurs manières de vivre différents.

L'auteur dresse plusieurs intrigues en parallèle. Nous avons donc les Oblonsky qui voient leur couple se ruiner à cause des infidélités du mari. Anna, qui s'est mariée dans les convenances, un mariage sans amour, visant un statut social élevé et une vie confortable. Puis Levine désirant épouser Kitty mais qui s'en voit repoussé car elle préfère Vronski. Ce même personnage s'éprend d'Anna, laissant ainsi à sa jeune promise un coeur en miettes. En devenant sa maîtresse, Anna est arrachée de son univers routinier d'épouse insatisfaite, en dépit des recommandations de son mari qui ne cherche qu'à soigner sa réputation.

Je comprends pourquoi je tourne toujours en rond avant de revenir aux classiques ; les personnages des bouquins actuels sont souvent idéalisés et ne promettent d'un ennui mortel ! Dans Anna Karénine, les personnages sont foudroyants par leur réalisme. De plus, ils ne sont pas figés dans un caractère particulier, ils évoluent tout au long du livre. Je me suis particulièrement attachée à Kitty que je suis avec plus d'intérêt. Anna arrive peu derrière même si j'avoue l'avoir méprisée par moments pour ce qu'elle fait endurer à son mari.

Le récit est fluide et promet une lecture facile. Les chapitres sont très courts, j'en ai été étonnée car je m'attendais à des descriptions interminables. Mais ce n'est pas du tout le cas. Si ma lecture a été rapide la plupart du temps, j'ai malheureusement décroché quelques peu lorsque l'on se consacre à la vie de Levine qui habite en campagne. Toutes ces histoires d'agriculture m'ont un peu ennuyée.

Néanmoins, je reste très satisfaite de l'ensemble. Il me tarde de savoir le dernier point de l'histoire. C'est pour cette raison que j'enchaîne directement avec le deuxième tome, afin de ne pas couper court à ma lecture et à mon grand intérêt pour savoir la suite.

Note 9/10

Citation : Celle qui m'a le plus marquée, quand Anna avoue à son mari qu'elle le trompe. 


- Je me trompe peut-être, dit-il. En tout cas, je vous demande pardon.
- Non, vous vous trompez pas, fit-elle lentement en le regardant avec désespoir. Vous ne vous êtes pas trompé. Je suis, je ne puis être que désespérée. Je vous écoute, et je pense à lui. Je l'aime, je suis sa maîtresse. Je ne puis vous supporter, j'ai peur de vous. Je vous hais... Faites de moi ce que vous voudrez.
Se rejetant dans le fond de la voiture, elle éclata en sanglots, et cacha son visage dans ses mains.
Alexis Alexandrovitch ne bougea pas et ne changea pas la direction de son regard, mais son visage prit soudain l'immobilité solennelle de la mort, et cette expression ne le quitta plus jusqu'à la villa.