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Le portail de l'ange de Sonia Frisco

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Auteur : Sonia Frisco

Titre : Le portail de l'ange

Résumé : L'esprit humain est aussi puissant que dangereux... et il ne faut pas toucher à tout, sans savoir ce que l'on touche.

Dans un univers où toutes sortes de forces s'entremêlent, dans un labyrinthe où la plus limpide lumière provoque aussi son ombre, le petit Justin est venu au monde pour amener un sourire... puis se taire à jamais.

Tout ce qui n'est pas prédateur est-il destiné à devenir proie ?

La belle saison était revenue. Un grand renouveau avait déferlé sur la Terre Mère, en un souffle puissant et neuf, le souffle de la naissance, celui de la création, de la vie et de l'éclat. On l'appelait Printemps. Marta l'appela Justin.

Devant l'immense, tout est permis pour rester en Vie.

Dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend.

* * *

Je désire tout d'abord remercier Sonia Frisco pour m'avoir permis de découvrir son livre. Vous m'avez dit que vous étiez heureuse que j'aie aimé votre livre ; je suis encore plus heureuse de l'avoir lu !

Après avoir découvert L'Être de sable, j'étais impatiente de découvrir l'auteure dans un autre registre. Ce que je n'avais pas prévu, c'était que ce fut un grand coup de coeur !

C'est l'histoire d'une famille. Marta et Joss, un jeune couple, à qui la vie n'a pas toujours souri mais qui s'est battu et s'est accroché pour mériter l'environnement stable dans lequel ils évoluent. Puis, il y a Justin. Le petit prodige. Leur enfant, qui donne bien du fil à retordre à sa mère, mais qui est son plus grand trésor. Si les choses sont bien sereines au début, elles ne vont pas tarder à échapper au contrôle.

Sonia Frisco prend le temps de bien planter son décor. On découvre le quotidien d'une famille normale. Une mère, belle, forte et solide, veillant sur son enfant. Un père, pas très présent, occupé par ses affaires professionnelles... qui suit l'évolution de sa petite famille de loin. Et Justin.  

Justin est l'élément clé de cet ouvrage. C'est le personne auquel on ne peut que s'y attacher. On suit son parcours dès sa petite enfance. On assiste à ses premiers pas, ses premiers mots, ses premières réflexions... Enfant précoce, Justin a une manière bien particulière de penser. Les parties où l'histoire est narrée de son point de vue sont mes favorites. On découvre par moments l'absurdité du monde adulte, vu par les yeux d'un enfant.

Les personnages ne s'arrêtent pas à la petite famille. Sonia Frisco introduit une foulée de protagonistes plus intéressant les uns que les autres qui vont impacter le fil de l'histoire, chacun à sa manière. Ce que j'aime autant chez les livres de Sonia Frisco est qu'elle donne à chaque personnage sa chance. Même pour le petit personnage secondaire qui n’apparaît qu'une seule ou deux fois, on a l'occasion d'en savoir quelques bribes sur sa vie, parfois sur son avenir. L'auteure a la générosité d'assouvir notre curiosité en donnant les détails qu'il faut, au moment qu'il le faut.

J'ai un faible pour les auteurs qui savent manier les mots. Sonia Frisco répond habilement à ce critère puisque son style d'écriture est vraiment magnifique. L'auteure utilise de belles métaphores et m'a fait rêver avec sa plume. Elle laisse à chacun le soin de visualiser le sens de ses phrases, comme il le souhaite. Après tout, "dans toutes les histoires, il y a ce qu'on nous dit et il y a ce qu'on entend".

En refermant le livre, j'avais le coeur serré de me séparer des personnages. J'avais vraiment vécu l'histoire et je m'étais attachée à eux, en particulier à Marta et à Justin. L'histoire prend des tournants vraiment inattendus et mes émotions ont été tiraillées dans tous les sens au fil de ma lecture. Je suis passée par l'attendrissement quand je lisais l'avancement de Justin à la peur quand je commençais à me douter de ce qui se tramait, puis à une grande tristesse quand j'ai refermé le livre. J'ai l'intention de relire Le portail de l'ange dès que j'en aurai l'occasion.. En tout cas, il m'a beaucoup marquée et je le conseille vivement !

Note : 9/10

Extrait :
Face à la mer, le petit Justin se tenait. Quelques heures auparavant, l'aube avait offert le jour. Le soleil montant en parabole vers son zénith surchauffait de ses rayons l'entier horizon, lui donnant l'allure d'une gigantesque étendue flambante de mille feux. La mer, plateau d'argent scintillant de bleu, était une vaste lueur qui s'étendait devant lui. 

La Part de l'autre d'Eric-Emmanuel Schmitt

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Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt

Titre : La Part de l'autre

Résumé : 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. Que se serait-il passé si l'École des beaux-arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d'artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d'une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde..."
* * *

Ce livre a été lu en LC avec Misspendergast. Ca a été un plaisir de découvrir pour la première fois Schmitt en ta compagnie ! J'espère que nous aurons une nouvelle occasion de faire une LC, prochainement. :)

Lors de mes années lycée, je ne m'entendais pas du tout avec l'Histoire... sauf en ce qui concerne les guerres mondiales et la révolution française ; ces sujets me fascinaient totalement. Depuis quelques années, je m'intéresse beaucoup plus aux livres historiques mais je garde un attachement particulier aux faits cités plus hauts, jusqu'à lire tout ce qui me tombait sur la main, dessus. Malgré tout, à part ce que j'ai étudié au lycée, je ne connaissais pas grand chose sur Hitler. Cette analyse de Schmitt m'a attirée depuis que mon amie Litté.-13 m'en a parlée. L'occasion de le lire m'est venue en organisant cette lecture commune en compagnie de Misspendergast et j'ai été ravie de découvrir ce livre.

La narration s'effectue en deux parties parallèles. D'une part, nous avons l'histoire véritable du personnage historique que l'auteur nomme Hitler. D'une autre part, le récit de vie de Adolf H. est sorti tout droit de l'imagination de l'auteur. Le départ du livre est justement la séparation des deux personnages lorsque surviennent les résultats de l'école des Beaux-Arts. Hitler est recalé. Adolf H., quant à lui, devient un étudiant en arts. Dès lors, la vie séparera ces deux personnages. Un vrai gouffre se crée entre les deux protagonistes puisque ce simple petit détail changera la vie de Hitler, donnant ainsi un personnage entièrement façonné par les mains de l'auteur.

D'un point de vue général, ce fut une bonne lecture. Le livre est assez épais, les informations données par l'auteur sont très riches. La lecture peut s'avérer épuisante puisqu'il s'agit de suivre non pas un mais deux personnages principaux. C'est comme si on lisait deux livres séparés et ça peut porter à confusion. Au début, j'ai eu un peu de mal. A chaque saut d'un personnage à l'autre, je décrochais, perdant le fil, m'embrouillant. Mais au bout d'un certain temps, la fluidité du style a fini par avoir raison de moi ; je n'arrivais plus à lâcher le livre. Malgré tout, présenter ces deux narrations est également le point le plus positif du livre puisqu'il permet au lecteur de comparer au besoin les deux personnages (surtout si on ne connait que les grandes lignes sur la vie de Hitler, comme ça a été mon cas).

Grâce à ce livre, l'auteur nous montre qu'il suffit un petit changement pour qu'une vie humaine se renverse radicalement. Je ne m'attarde pas dans ma chronique sur le nouveau personnage d'Hitler, vous laissant découvrir ça pendant votre lecture. :) Le sujet peut paraître très énigmatique mais croyez-moi, l'écriture de l'auteur facilite bien des choses. La lecture de ce livre peut s'avérer carrément addictive. On sent le lourd labeur qui a été effectué par l'auteur. La Part de l'autre a du demander énormément de documentations parce qu'on se retrouve avec une excellente analyse du personnage.

Le journal de La Part de l'autre, à la fin du livre, comprend les réflexions de l'auteur lorsqu'il écrivait son livre. J'ai vraiment adoré cette partie qui décrit comment l'entourage de Schmitt a perçu sa décision lorsqu'il leur a confié son envie d'écrire sur Hitler. Sujet assez tabou, le thème du livre n'a pas eu grand fan auprès de ses proches. Egalement, Schmitt nous fait part de ses impressions, de ses émotions lors de sa rédaction du livre. C'est un véritable partage qui se fait avec ce court récit.

Finalement, je ne peux que conseiller ce livre qui montre le potentiel d'un grand auteur. J'ai conscience de ne pas avoir touché toute la valeur du livre (tellement riche !), pour cette raison, je prévois le relire dès que j'en aurais l'occasion ; il s'agit vraiment d'un puits de connaissances. 

Note : 8.5/10

Extraits :
Rien de plus égoïste qu'un nourisson. Il tend la main, il arrache, il broie et porte tout à sa bouche. L'être humain au premier jour est un monstre sans conscience car sans conscience d'autrui. Nous avons tous commencé par être des tyrans. C'est la vie, en nous contredisant, qui nous a domestiqués.

* * *

Il [Hitler] régnait. Il dominait. Il n'en était pas heureux, il en était satisfait car le monde avait été conçu pour fonctionner ainsi avec lui comme centre.

Heureux ? Quelle drôle d'idée ! Est-ce que le soleil est heureux ?

Chronique de Misspendergast : Par ici !

Le voyage de Monsieur Daldry

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Auteur : Marc Lévy.

Titre : L'étrange voyage de Mr. Daldry


Résumé : « L’homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer les six personnes qui te mèneront jusqu’à lui… Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t’attend depuis longtemps. » 
Londres, 1950 

Alice mène une existence tranquille, entre son travail, qui la passionne, et sa bande d’amis, tous artistes à leurs heures. Pourtant, la veille de Noël, sa vie va être bouleversée. Au cours d’une virée à la fête foraine de Brighton, une voyante lui prédit un mystérieux avenir. Alice n’a jamais cru à la voyance, mais elle n’arrive pas à chasser ces paroles de son esprit, et ses nuits se peuplent de cauchemars qui semblent aussi réels qu’incompréhensibles. Son voisin de palier, Monsieur Daldry, célibataire endurci, gentleman excentrique et drôle, aux motivations ambiguës, la persuade de prendre au sérieux la prédiction de la voyante et de retrouver les six personnes qui la mèneront vers son destin. De Londres à Istanbul, il décide de l’accompagner dans un étrange voyage…


* * *

Merci à Herbe Folle pour le choix du livre. Sans elle, il serait rester longtemps dans ma PAL. Je ne suis pas très fan de Levy. Il y a certains titres de lui qui se sont démarqués chez moi (je pense surtout au Voleur d'ombres que j'avais adoré) mais la plupart restent des lectures que je finis par oublier rapidement. Malheureusement, Le voyage de Mr Daldry rejoint la deuxième catégorie.

A premier abord, j'avais trouvé l'intrigue intéressante. L'idée de poursuivre un voyage d'Angleterre vers la Turquie en conséquence des prédictions d'une voyante offrait une situation bizarre, un peu tirée par les cheveux... Bref, qui sort de l'ordinaire. Le début du récit était entraînant, j'appréciai de découvrir les personnages progressivement.

Mais j'ai fini par être gagnée par la lassitude lorsque le voyage a débuté. Je ne voyais plus que le côté absurde de la chose et l'intrigue a commencé à me peser, surtout qu'elle se recentrait sur Daldry et Alice seulement. J'aurais apprécié retrouver les amis d'Alice que je trouvais bien sympathiques au début. Heureusement que le duo me plaisait quand même. J'ai été enchantée par le personnage de Daldry. Il est assez flegmatique, authentique et se distingue par son extravagance au fil des événements.

C'est un livre qui se lit plutôt bien même si les choses n'avancent pas beaucoup. C'est surtout ce que je reproche au livre, car j'ai fini par m'ennuyer. J'ai surtout apprécié la partie épistolaire du livre où les personnages partageaient beaucoup d'émotions. 

Je regrette vraiment que vers la fin, on ait pas à recroiser les amis d'Alice... Il y en a un surtout qui prend tout de même une certaine place dans l'histoire. L'intrigue reste aussi très prévisible. On devine les réelles intentions derrière l'histoire présentée sans grand problème. Levy arrive tout de même à nous étonner à un certain moment. 

Note : 6.5/10

Une femme fuyant l'annonce

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Auteur : David Grossman.

Titre : Une femme fuyant l'annonce.

Résumé :
Ora, une femme séparée depuis peu d’Ilan, son mari, quitte son foyer de Jérusalem et fuit la nouvelle inéluctable que lui dicte son instinct maternel : la mort de son second fils, Ofer, qui, sur le point de terminer son service militaire, s’est porté volontaire pour « une opération d'envergure » de 28 jours dans une ville palestinienne, nouvelle que lui apporteraient l’officier et les soldats affectés à cette terrible tâche.

Mais s’il faut une personne pour délivrer un message, il en faut une pour le recevoir, pense Ora. Tant que les messagers de la mort ne la trouvent pas, son fils sera sauf. Aussi décide-telle, sans aucune logique, pour conjurer le sort, de s’absenter durant ces 28 jours en se coupant de tout moyen de communication qui pourrait lui apporter la terrible nouvelle. Ayant prévu une randonnée à travers le pays avec Ofer, elle part malgré tout.

Au passage, elle arrache à sa torpeur Avram, son amour de jeunesse (le père d’Ofer ?) et l’emmène avec elle sur les routes de Galilée pour lui raconter leur fils. Elle espère maintenir en vie son enfant par la trame de mots qui dessinent sa vie depuis son premier souffle, et lui éviter ainsi le dernier. Le périple ici est l’occasion d’évoquer le passé : à mesure qu'Ora et Avram arpentent le pays à la beauté étonnante, se reconstitue le fil de la mémoire et des secrets qui enserrent les personnages.

Ora, Ilan et Avram s’étaient liés, adolescents, pendant la guerre des Six Jours, dans un hôpital où ils étaient tous trois à l'isolement, alors que les combats faisaient rage à l’extérieur. C’est là que se sont noués les destins de chacun. Le stratagème de la mère réussira-t-il à préserver la vie du fils ? Quoi qu’il lui arrive, le récit le fait renaître avec une vigueur nouvelle.

 * * *

Je tiens d'abord à remercier le site Livraddict et les éditions Points pour ce partenariat. 

Je suis restée plongée dans Une femme fuyant l'annonce pendant presque un mois. Il faut dire que le livre est quand même assez épais (près de 800 pages) et que le sujet abordé n'a rien de bien léger. C'est la première fois que je mets autant de temps pour finir un bouquin. En général, lorsque ma période de lectures s'étend, j'ai tendance à être gagnée par la lassitude. Avec Une femme fuyant l'annonce, il y a eu des hauts et des bas, mais surtout des hauts, bien heureusement.

Ora se faisait une joie de préparer le voyage qu'elle allait entreprendre avec son fils, Ofer, dès la fin de son service militaire. Mais celui-ci l'étonne en refusant sa liberté et en s'engageant pour une opération au front qui durera un mois. Ora se sent trahie par son fils et est ravagée par la peur de le perdre. Elle décide de voyager, s'éloigner de sa vie habituelle, pour se remettre en question. Durant son parcours, elle coupera tout moyen de communication, refusant d'être informée si jamais un malheur arrivait à son fils. Accompagnée d'Avram, son amour de jeunesse avec qui elle a une relation des plus ambigües, Ora se recompose et fuit tout simplement l'annonce...

L'histoire d'Ora est une page blanche, au tout début du récit. L'auteur livre peu de détails sur l'existence de cette mère israélienne, récemment divorcée. Au cours de la narration, le livre de la vie d'Ora se remplit peu à peu, nous livrant des passages sur sa jeunesse, son quotidien de femme puis de mère, sa relation avec ses proches... Subtilement, Grossman nous rapproche de cette femme qu'il a façonnée d'une manière très "humaine". Ora est physique et respire la réalité. Elle aussi a des doutes et a du faire tout au long de son existence des choix dont certains l'ont déçue et qu'elle regrette. Ses défauts sont nombreux, ses qualités non moindre. Elle a fait des erreurs ; elle a jugé des personnes et a été jugée. Elle a ses petites manies, ses petits rituels pour se convaincre que "tout va bien". Elle ressemble à chacun de nous. Elle aurait pu être n'importe qui de notre entourage. Il n'est donc guère difficile de s'attacher à elle. De l'adopter.

Parce que, oui, j'ai adopté Ora. Si je l'ai suivie au tout début avec incompréhension, voyant mal le fait qu'elle ait abandonnée la cause de son fils, j'ai fini par me mettre à sa place. Elle a une grande force morale puisqu'elle refuse tout simplement de rester inactive alors que son fils se met en danger. Sincèrement, Grossman m'a fait sentir mère à mon tour, au fil de son récit. 

Si l'histoire est essentiellement centré sur Ora, ce personnage prend plus d'une fois la place du narrateur pour nous livrer son histoire et celle des siens. Au cours de son voyage avec Avram, la femme partage avec son compagnon des bribes de sa vie, celle de son ex-mari, de ses enfants. En quelque sorte, les places que tiennent les personnages sont équitablement réparties, par ce procédé. Même s'ils sont absents, les autres protagonistes font partie du voyage grâce aux récits de notre héroïne.

La narration est très bien maîtrisée. L'auteur joue avec les récits enchâssés et traverse le temps en un claquement de doigts. Plusieurs passages de différentes époques de la vie d'Ora, d'Avram, d'Ofer... nous sont livrés tout au long de l'histoire. La toile, initialement blanche, se couvre progressivement des scènes que partage Ora avec nous. En sillonnant les années, nous en apprenons plus sur les protagonistes et évaluons l'impact des évènements sur leurs caractères, leurs rythmes de vie.

Le plus grand atout de l'auteur est certainement sa capacité de se mettre dans la peau de ses personnages. Les émotions sont minutieusement décrites, autant en ce qui concerne Ora que pour les autres personnages. En général, l'écriture de David Grossman est à louer. Le style de l'auteur permet une lecture fluide, ce qui compense le nombre conséquent de pages. J'ai été fort impressionnée par sa capacité à rendre les dialogues aussi vivants. Certains passages m'ont vraiment enchantée et durant certaines périodes, il m'était difficile de reposer le livre. 

L'essentiel de l'action se passe au passé. Le présent est plutôt monotone.. J'ai trouvé ce procédé particulier et je l'ai beaucoup apprécié. C'est comme le présent était un châssis pour aborder le passé. De plus, l'auteur dispose vraiment d'une très grande imagination. Les récits sont tous plus originaux les uns que les autres. Réellement, Grossman a trouvé un moyen astucieux de présenter son histoire.

Néanmoins, j'ai quand même trouvé certains passages assez durs. Le service militaire d'Avram, un passage vers la fin du livre, a vraiment eu raison de moi. J'ai scrupuleusement sauté une dizaine de pages, n'étant pas amène à m'y plonger. Ca n'a pas gêné ma lecture, fort heureusement.

A part ce petit désagrément, je ne vois que du positif dans ce livre. Même si le genre contemporain est loin d'être mon favoris, je dois avouer que j'ai passé un très bon moment de lecture. La cause palestinienne est proche à mon coeur, avoir un point de vue israélien fut très intéressant. Cette lecture m'a démontré toute l'absurdité de ce conflit où les deux parties souffrent et qui n'est toujours pas prêt à se terminer.. 

A noter : Le livre a reçu le prix Médicis étranger 2011 ainsi que le prix du Meilleur Roman des lecteurs de Points 2013.

Note : 8/10

http://www.lecerclepoints.com/
 Citation :
[...]Ça signifie quoi une vie sans but ?
Que... Rien ne te blesse vraiment, rien ne te rend réellement heureux. Tu vis parce que tu vis. Parce que tu n'es pas mort.

Gatsby le magnifique

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Auteur : F. Scott Fitzgerald.

Titre : Gatsby le magnifique.

Résumé : Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu'il génère, est réputé pour les soirées qu'il donne dans sa somptueuse propriété. L'opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C'est pourquoi l'illusion ne peut être qu'éphémère.

Parmi les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées. Ce roman visuel qui se décline dans des tons d'or, de cuivre et d'azur, s'impose également comme la chronique d'une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n'être magnifique que le temps d'un air de jazz.

* * *

Gatsby le magnifique est un livre que j'ai découvert, il y a plusieurs mois. Je ne pensais pas du tout le chroniquer mais après avoir vu le film hier, il m'est venu un désir insurmontable d'en parler. Quand je pense à Gatsby, c'est le souvenir des années folles qui me vient à l'esprit. Les années 20 ont connu une grande croissance économique, après que la première guerre mondiale ait ravagé les pays concernés. C'est l'époque où les limites ne semblaient être qu'un mot, où le plaisir était guetté à chaque coin, où l'insouciance imposait le rythme de chacun.

Le livre de Fitzgerald m'avait beaucoup marquée... J'avais déjà découvert l'auteur avec l'histoire de Benjamin Button qui avait titillé mon intérêt sans pour autant me toucher profondément. Avec Gatsby, j'ai plongé au milieu d'un cataclysme d'émotions. Le style de l'auteur m'a charmé. Ses descriptions ciblent à nous faire vivre chaque moment. Les soirées pompeuses, le luxe qui entoure les protagonistes, ... Fitzgerald décortique chaque scène en nous donnant le plaisir de tester son imagination fertile.

Le personnage de Gatsby contribue fortement au succès du livre. Il m'a tout simplement... éblouie. Entouré de mystère, ce protagoniste fait de l'ombre à tous ceux qui l'entourent, au point que j'avais trouvé Nick Carraway vraiment insignifiant par sa grande passivité (oui, oui, j'ai revu mon jugement en regardant le film). Tout au long de la lecture, on se demande si certaines facettes de Gatsby nous sont cachées.. Nous attendons les révélations, nous guettons chaque information minime sur le personnage. 

L'intrigue, quant à elle, ne parait qu'après plusieurs dizaines de pages, le temps que l'auteur dresse son décor. Il n'y a pas beaucoup de rebondissements dans le livre... Les dialogues sont peu fréquents et le style de l'auteur, assez recherché, pourrait décourager plus d'un lecteur. Mais il s'agit de s'accrocher et de ne pas abandonner dès le début car la suite en vaut vraiment la peine.

Le livre se ferme avec grandes émotions. La fin du livre est étourdissante. Fitzgerald nous surprend avec une chute digne du grand auteur qu'il est !

Note : 7.5/10

Extrait :
Il me sourit avec une sorte de complicité - qui allait au-delà de la complicité. L'un de ces sourires singuliers qu'on ne rencontre que cinq ou six fois dans une vie, et qui vous rassure à jamais. Qui, après avoir jaugé - ou feint peut-être de jauger - le genre humain dans son ensemble, choisit de s'adresser à vous, poussé par un irrésistible préjugé favorable à votre égard. Qui vous comprend dans le mesure exacte où vous souhaitez qu'on vous comprenne, qui croit en vous comme vous aimeriez croire en vous-même, qui vous assure que l'impression que vous donnez est celle que vous souhaitez donner, celle d'être au meilleur de vous-même. 
Quelques mots sur le film :

Encore une fois, Leonardo DiCaprio a eu raison de moi. Je trouve qu'il a totalement compris le personnage de Gatsby et qu'il le représente d'une manière exquise. Le fameux sourire décrit par Nick dans le roman de Fitzgerald (voir l'extrait) est juste... terriblement parfait. Je suis sous le charme du personnage et du talent de l'acteur pour le représenter.

En parallèle, j'ai beaucoup apprécié le personnage de Jordan Baker. L'actrice a su se distinguer même si le temps alloué à ses passages sur l'écran n'était pas si important.

Le choix d'Isla Fisher pour le rôle de Myrtle m'a un peu choquée. Je ne l'aurais jamais imaginée dans la peau d'un tel personnage...

Les décors du film sont... excessivement impressionnants. J'espère qu'ils n'auraient pas volé la vedette de l'intrigue et des personnages, chez certains spectateurs. Ce serait trop dommage de se concentrer sur l'aspect décoratif du film plutôt que de la trame réelle du récit. En tout cas, les scènes des fêtes sont habillement faites... un peu trop même.  


Expiation

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Auteur : Ian McEwan

Titre : Expiation

Résumé :
Sous la canicule qui frappe l'Angleterre en ce mois d'août 1935, la jeune Briony a trouvé sa vocation : elle sera romancière. Du haut de ses treize ans, elle voit dans le roman un moyen de déchiffrer le monde. Mais lorsqu'elle surprend sa grande sœur Cecilia avec Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve aux désirs des adultes va provoquer une tragédie. Trois vies basculent et divergent, pour se recroiser cinq ans plus tard, dans le chaos de la guerre, entre la déroute de Dunkerque et les prémices du Blitz. Mais est-il encore temps d'expier un crime d'enfance ?
 
* * *

C'est bien rare que je regarde un film avant de découvrir un livre. Conseillé par mon amie, Atonement (Reviens-moi en français) n'est pas resté longtemps dans ma pile de films à voir. Comptant pour principales actrices Keira Knightley et Saoirse Ronan, le film m'intriguait aussi par son résumé. Moi qui ne suis pas tellement fan des adaptations cinématographiques, j'ai été embarquée par l'histoire, touchée par les personnages et j'ai fini le film, chamboulée, ne désirant pas abandonner les protagonistes aussi vite. C'est pour cette raison que, juste après, j'ai cherché à lire le bouquin, convaincue qu'il sera beaucoup plus intéressant. Et je n'ai pas été déçue.

L'histoire se divise en deux parties principales. La première est narrée en 1935. Briony, jeune enfant de treize ans, assiste à une scène entre sa grande soeur et Robbie, le fils de leur domestique. Interprétant mal ce qui se produisait, l'enfant change leur cours de leurs vies et cela, à cause d'un misérable mensonge. La deuxième partie survient cinq ans plus tard. Les conséquences de l'acte de Briony sont tragiques alors que la guerre bat son rythme.

La narration du livre est intéressante du fait qu'elle est effectuée de plusieurs points de vue, successivement. Briony, Cecilia, Robbie et quelques autres personnages secondaires sont au centre de l'histoire pour le temps d'un chapitre. Nous suivons leurs actes, assistons à leur déboire, nous partageons leurs pensées. Les chapitres sont démesurément longs (au risque de lasser le lecteur) mais permettent de bien cerner les personnages.

Le style de l'auteur est agréable. Beau, recherché mais sans être trop contraignant, il assure une lecture plutôt fluide. Cependant, McEwan se perd parfois dans les détails, rendant le rythme assez lent. J'avoue avoir été obligée de sauter certains passages se relayant à la guerre. Même si j'aime bien cette thématique, j'ai trouvé certaines parties assez lourdes. Je crois que pour cette raison principale que beaucoup ont préféré le film au livre. Personnellement, je me range au côté du chef-d'oeuvre de McEwan... Certaines choses ne peuvent pas être saisies en regardant simplement l'histoire. Les mots, les descriptions de l'auteur communiquent beaucoup, beaucoup plus. Surtout en ce qui concerne les caractères des personnages. Grâce au livre, le lecteur peut creuser d'avantage dans la personnalité de chaque personnage. Et c'est nettement plus intéressant.. surtout en ce qui concerne Briony qui est l'élément le plus dominant de l'histoire. Enfant, adolescente puis une adulte, elle mesure progressivement la gravité de son acte. Ce périple vers le repentir et l'expiation m'a paru très marquant.

La fin est vraiment bien structurée et m'a beaucoup touchée. Ce livre restera longtemps dans ma mémoire. Un véritable coup de coeur que je conseille vivement.

Note : 9/10

Quelques mots sur le film :

Vous l'aurez compris, j'ai fort aimé l'adaptation cinématographique aussi. Le réalisateur m'a fort étonnée par la mise en scène des points de vue des personnages. On jongle entre les scènes avec une fluidité surprenante. Le talent de Joe Wright est indéniable. Les acteurs choisis semblent avoir adopté leurs personnages. Beaucoup de ressemblances avec les héros de McEwan.. j'ai été totalement convaincue par leur jeu. Plus précisément, j'ai été fort marquée par Robbie et Cecilia. Il est à noter que le film est extrêmement fidèle au livre.. Toutefois, la présentation de la fin est différente mais j'y adhère totalement car elle lui donne un charme particulier.

Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir

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Auteur : J. Heska.

Titre : Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir.

Résumé :
Je m'appelle Jérôme et je ne suis pas quelqu'un de populaire. Invisible pour mon entourage, insipide pour mes collègues, insignifiant pour ma petite amie. Un jour, je suis tombé sur un article dans un magazine bon marché censé m'aider à régler un certain nombre de problèmes dans ma vie. Ca m'a amené un peu plus loin que prévu ... Ah oui, le "un peu plus loin", c'est devenir le chef de file involontaire d'un mouvement philosophique qui a révolutionné le monde.
 
* * *

Un grand merci à Isabelle et aux éditions Seconde Chance de m'avoir permis de découvrir ce livre !

Je n'ai jamais été très "lecture contemporaine", j'ai une innocente crainte envers ce genre qui, généralement, finit par me lasser lors de mes lectures. Ce fut donc légèrement mitigée que je me suis plongée dans le roman de J. Heska. Mais mes préjugés se sont révélés infondés. Curieusement, je me suis laissée entraîner par le cours de l'histoire ; je l'ai même trouvée addictive au point de finir le livre en quelques heures !

L'intrigue attire vraiment l'attention. Il s'agit d'un jeune homme, Jérôme, dont les efforts pour s'intégrer dans le monde se sont toujours avérés vains. Depuis la boîte où il travaille, à sa petite amie, à la caissière dans le supermarché... tout le monde semble le rejeter. Décidant de prendre les choses en main, Jérôme commence à penser à une manière de changer les choses et prend le taureau par les cornes... Il se rend finalement compte qu'il n'est pas le seul à souffrir de cette marginalisation. Son mouvement cueille tellement de partis que cela devient grandiose et sort petit à petit de son pouvoir.

Jérôme est un personne auquel on peut facilement s'identifier. L'indifférence de l'Autre a été ressenti par le lecteur tôt ou tard dans sa vie privée ou professionnelle. De plus, vu que le récit est rédigé sous forme de journal, les ressentis et les états d'âme du personnage principal sont efficacement communiqués au lecteur. Cela le rend extrêmement attachant. Les personnages qui gravitent autour de lui ont été dépeints de manière à les imaginer sans grande difficulté. Je me suis totalement sentie intégrer dans l'univers de Jérôme, surtout lorsqu'il s'agit de l'entreprise où il travaille. On a réellement l'impression d'en faire partie. Cela va sans dire que parler des personnages sans citer Etienne, le fan de Star Wars, est insensé. Ce personnage dont la situation est la plus proche de Jérôme m'a totalement convaincue et reste mon favori.

 J'ai été fascinée par le cimondisme. Partant d'une idée toute innocente, ce mouvement dont le chef de file est Jérôme, prend dans un temps limite une grande proportion. Si le sujet abordé par l'auteur semble très sérieux, J. Heska arrive à l'agrémenter avec une poignée d'humour et n'hésite pas à user de l'exagération. J'ai particulièrement apprécié les annexes partagés en fin du livre pour se familiariser d'avantage avec le mouvement du cimondisme !

Chaque chapitre du livre est précédé par une belle citation sur la vie. Ce fut un vrai plaisir de les découvrir. Je les garderai sans doute à proximité.

Il s'agit d'une lecture fraîche et légère qui nous aide à ouvrir les yeux sur le monde et dont on peut vraiment profiter. Pour ma part, j'ai passé un très bon moment avec ce livre ; il me tarde déjà de découvrir le deuxième livre de l'auteur On ne peut pas lutter contre le système.

Note : 8/10

Citations :
Le fait de se sentir différent fait-il de moi une personne anormale ? A moins que ce ne soit le reste du monde, qui est anormal ?

*** 

Je suis normal, et pourtant je me promène sans arrêt avec un poids sur la poitrine, celui d'une humanité que je n'arrive pas à comprendre.


L'élégance du hérisson

11
 Auteur : Muriel Barbery.

Titre : L'élégance du hérisson.

Résumé : " Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois.
Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches.
Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

* * *

L'élégance du hérisson est un livre qui m'a attirée sur le blog d'une internaute qui en faisait sa référence. Je ne m'intéresse que peu au genre contemporain mais voir ce livre cité plusieurs fois sur un même blog a attisé ma curiosité. Je n'avais donc pas hésité à l'acheter lorsqu'il s'est retrouvé entre mes mains et j'avais commencé sa lecture peu de temps après (une première !) Je ne pensais vraiment pas qu'il allait me plaire autant. C'est un beau livre qui mérite qu'on lui donne de l'attention !

Mais mon avis n'a pas été si positif à premier abord. Si les deux intrigues en parallèle citées dans le résumé m'intéressaient, je n'avais pas accroché à la plume de l'auteur. J'avais trouvé le style beaucoup trop lourd (surtout la narration de Renée, la concierge) et certains passages assez techniques en matière de philosophie m'avaient assommée. Cependant, ce fut provisoire. Rapidement, j'ai réussi à rattraper le train et à faire de ma lecture un plaisir inégalable.

Vous l'aurez compris, j'ai passé un excellent moment avec ce livre. Les deux protagonistes si différentes ont été dépeintes par l'auteure de manière à ce que leur destin finisse par converger. Malgré l'écart entre leurs âges, les milieux auxquels elles appartiennent, leurs situations, René et Paloma sont semblables et sont habitées par le même mal. Elles ont été façonnées par l'auteure de manière à toucher le lecteur profondément. On ne peut s'empêcher de s'attacher à Renée et à Paloma. Au fil de l'histoire, on pénètre totalement dans leur univers. On tourne les pages de leurs existences, on découvre leurs problèmes, leurs petites inquiétudes, ... On fait partie de leur vie.

Puis peu à peu, les révélations fusent. On apprend où l'auteur nous mène, les raisons pour lesquelles les personnages se comportent ainsi et non pas comme ça. On sonde le passé de René et Paloma, leur présent et on guette leur avenir, avec une pincée d'espoir. La fin est émouvante mais elle conclut très bien le livre. L'auteure a su refermer son histoire avec brio. Je suis vraiment heureuse d'avoir découvert ce roman et je le conseille vivement ! :)

Note : 8.5/10
Citation :
C'est peut-être ça, être vivant : traquer les instants qui meurent.

Le voleur d'ombres

5
Auteur : Marc Levy.

Titre : Le voleur d'ombres

Résumé : 
Et si l’enfant que vous étiez rencontrait l’adulte que vous êtes devenu…
« - Maintenant, assieds-toi, il faut que l’on parle, a dit l’ombre.
Je me suis assis en tailleur sur le sol.
- Tu as un pouvoir très rare, il faut que tu acceptes de t’en servir, même s’il te fait peur.
- Pour quoi faire ?
- Trouve pour ceux dont tu dérobes l’ombre cette petite lumière qui éclairera leur vie, un morceau de leur mémoire cachée, c’est tout ce que nous te demandons.
- Nous ?
- Nous, les ombres, souffla celle à qui je m’adressais.
J’ai souri, je comprenais très bien de quoi elle parlait. »

* * *

J'ai été transportée par ce livre. Je ne pensais pas qu'il me plairait autant. Marc Levy, au même titre que Guillaume Musso, est un auteur dont les livres sont légers et que j'aime glisser entre deux lectures... La plupart du temps, j'en ressors pas amplement satisfaite mais là.. c'est complétement différent !

Ce livre est plein d'émotions. C'est l'histoire d'une vie. Je me suis extrêmement sentie proche du personnage principal (à qui l'auteur n'a pas donné de nom, en passant) surtout concernant sa relation avec ses parents. J'ai été profondément émue par la complicité avec sa mère, ainsi que par son attente, lorsque son père les quitte pour une autre femme. L'amour parental ainsi que l'amitié tiennent une place très importante. C'est ce qui m'a le plus touchée, quitte à me tirer quelques larmes.

Les pages se tournent toutes seules, dès le moment où on pénètre dans leur antre. Au début, on commence avec le personnage enfant. Ayant adoré cette partie, j'appréhendai le passage à l'âge adulte mais c'est passé tout seul et je n'ai pas moins aimé cette deuxième période. :) La plume de l'auteur est très poétique. Pleine de tendresse aussi, à l'image de ses personnages. Les évènements sont tantôt joyeux, tantôt maussade mais une atmosphère triste plane quand même, nous happant le cœur.

Un seul point négatif, je n'ai pas eu l'impression que ce "pouvoir de voler les ombres" a été bien exploité. Ce fut juste un stratagème pour expliquer comment le personnage principal arrive autant à en apprendre plus sur ses proches. Le pire, c'est qu'on n'entend plus parler de ce pouvoir sur un nombre de pages assez conséquents ! Comme si ce n'était pas le sujet principal du livre... Pourquoi ce titre alors ?

Cela n'a rien changé aux émotions que j'ai ressentie. Je suis sortie de cette lecture extrêmement marquée et chamboulée. Chose qui n'arrive que très, très rarement. Je peux sans conteste affirmer que ce livre a été un énorme coup de coeur pour moi !

Note : 9/10

Citation :
A l'adolescence, on rêve du jour où l'on quittera ses parents, un autre jour ce sont vos parents qui vous quittent. 
Extrait : (Lettre écrite par le personnage principal à ses douze ans)

Papa,
Je t'écris du bord de la mer où maman et moi passons quelques jours de vacances. J'aurais aimé que tu sois avec nous, mais les choses sont ce qu'elles sont. J'aimerais avoir de tes nouvelles, savoir que tu es heureux. Côté bonheur, pour moi, ça va ça vient. Si tu avais été là, je t'aurais raconté ce qui m'arrive et j'imagine que ça m'aurait fait du bien. Tu m'aurais donné des conseils. Luc dit qu'il n'en peut plus des conseils de son père, moi je suis en manque.
Maman prétend que l'impatience tue l'enfance, je voudrais tellement grandir, papa, être libre de voyager, fuir les endroits où je ne me sens pas bien. Adulte, je partirai à ta rencontre, je te retrouverai, où que tu sois.
Si d'ici là nous ne nous sommes pas revus, nous aurons tant de choses à nous raconter qu'il nous faudra cent déjeuners pour tout se dire, ou au moins une semaine de vacances rien qu'à nous deux. Ce serait formidable de pouvoir passer autant de temps ensemble. Je devine que ça doit être trop compliqué et je
me demande pourquoi. Chaque fois que j'y pense, je me demande aussi pourquoi tu n'écris pas. Toi, tu sais où j'habite. Peut-être que tu répondras à cette carte postale, peut-être que je trouverai une lettre de toi en rentrant à la maison, peut-être que tu viendras me chercher ?
Je crois que j'en ai marre des peut-être.

Ton fils qui t'aime quand même.
 Livre 11/26

Une place à prendre

9
Auteur : J. K. Rowling.

Titre : Une place à prendre.

Résumé : Bienvenue à Pagford, petite bourgade anglaise paisible et charmante : ses maisons cossues, son ancienne abbaye, sa place de marché pittoresque… et son lourd fardeau de secrets. Car derrière cette façade idyllique, Pagford est en proie aux tourmentes les plus violentes, et les conflits font rage sur tous les fronts, à la faveur de la mort soudaine de son plus éminent notable.

Entre nantis et pauvres, enfants et parents, maris et femmes, ce sont des années de rancunes, de rancœurs, de haines et de mensonges, jusqu’alors soigneusement dissimulés, qui vont éclater au grand jour et, à l’occasion d’une élection municipale en apparence anodine, faire basculer Pagford dans la tragédie.

* * *

Si J.K. Rowling a présenté dans sa saga Harry Potter toutes les valeurs nobles (l'amitié, la loyauté...), dans Une place à prendre, c'est tout à fait différent. L'auteur met le point sur les tares d'une petite communauté. La drogue, la prostitution, l'hypocrisie... Tous ces thèmes y passent, faisant de ce livre une véritable satire de la société.

Les personnages sont nombreux, certes, mais on s'habitue à eux rapidement. Une petite fiche pourrait être nécessaire au début pour ne pas s'embrouiller car beaucoup de liens sont décrits. Chacun a sa petite histoire, ses problèmes. Malgré le fait que le livre vise en particulier les adultes, beaucoup de personnages sont des adolescents. L'auteure, aurait-elle eu du mal à se détacher du monde jeune ? C'est à mon plus grand plaisir, en tout cas.  Rowling démontre de nouveau son génie pour la création et l'évolution de ses personnages. J'ai adoré leur diversité et surtout, suivre les parcours de chacun d'eux. 

Bien sûr, les lieux aussi sont divers. Tous ces détails rendent le livre encore plus réel. On a l'impression d'être devant une vraie communauté et qu'il ne s'agit pas d'une simple fiction.

Comme vous l'aurez deviné, l'intrigue principale de ce livre est justement... une place à prendre. Barry Fairbrother est mort. Plusieurs habitants vont se battre pour récupérer ce siège vacant. Un jeu sans règle va être mis en place. Finie l'hypocrisie. Pagford n'est plus une gentille bougarde où le monde s'entend. Les mensonges soigneusement dissimulés vont être dévoilés, la haine fusera et les conflits se multiplieront.

Rowling a un langage très cru par moments. Des propos très vulgaires sortent parfois de la bouche de ses personnages. L'auteure ne ménage pas son lecteur, ni même ses personnages. Cela contribue à rendre son histoire encore plus réelle.

Le talent de J.K. Rowling n'est plus à prouver. Son style d'écriture C'est une de mes auteures favorites et je suis particulièrement ravie de voir que son don ne se limite pas au fantastique mais peut couvrir bien d'autres genres. Ce livre a été une excellente lecture. Il me tarde déjà de connaître les futurs projets de Rowling.

Note : 8.5/10
Extrait :
La grande erreur commise par quatre-vingt-dix pour cent des êtres humains, selon Fats, était d'avoir honte de ce qu'ils étaient ; de mentir, de vouloir à tout prix être quelqu’un d'autre. L'honnêteté était la devise de Fats, son arme de choix et son principal moyen de défense. L'honnêteté faisait peur aux gens ; elle les choquait. Les autres, avait-il observé, étaient perpétuellement englués dans le malaise et le faux-semblant, terrorisés à l'idée qu'on découvre leur vrai visage, alors que lui, Fats, était attiré par la réalité brute, par tout ce qui était laid mais authentique, par toutes les vérités abjectes qui ne suscitaient chez les gens comme son père que dégoût et humiliation.
Livre : 8/26

Brida

8
Nom : Brida

Auteur : Paulo Coelho

Résumé : Brida est une jeune Irlandaise aux pouvoirs surnaturels, qui se lance dans une quête effrénée de sagesse et de magie. Des personnages envoûtants, sages, magiciens et autres êtres mystérieux, l'aideront à découvrir le monde qui l'entoure tout en se découvrant elle-même.

*****
J'étais sceptique à l'idée de commencer ce roman de Coelho. Non seulement on ne m'en a pas dit du bien mais le thème de la sorcellerie, abordé dans ce bouquin, n'est pas un thème auquel je m'intéresse particulièrement. C'est bien la première fois que je lis un roman qui traite ce sujet dans la vie réelle et non pas dans un univers fantastique.

Je ne sais quoi penser de ce livre. Coelho nous a habitué à des textes particuliers qui touchent la quête de soi et la recherche à des questions existentielles. Ce n'est guère bien différent, dans ce cas-là. On a devant nous une jeune étudiante qui cherche, par la sorcellerie, à se rapprocher de l'univers, à ouvrir des yeux nouveaux sur son milieu, ses relations... Cela touche même la religion à un certain moment.

Je n'ai pas été entraînée par ce bouquin. La lecture n'a pas été laborieuse, certes, car les chapitres sont très courts et le style simple mais le sujet a fini par me lasser vers la moitié du roman. Mais je ne regrette pas de l'avoir lu. Ce fut une découverte mais qui ne m'a vraiment enchantée.

Note : 5/10

Citations : 
- [...] Que ton chemin soit de Paix dans les moments de Paix et de Combat dans les moments de Combat. Ne confonds jamais un moment avec l'autre.

*****

- On offre des fleurs parce que dans les fleurs se trouve le véritable sens de l'Amour. Celui qui tente de posséder une fleur verra sa beauté se flétrir. Mais celui qui regarde simplement une fleur dans un champ la gardera pour toujours. Parce qu'elle va avec l'après-midi, le coucher du soleil, l'odeur de terre mouillée et les nuages sur l'horizon.